Déjà plus de 4000 .BZH enregistrés

extension bzh

Ouvert à tous depuis le 4 décembre 2014, l’extension internet de la Bretagne .BZH compte désormais plus de 4 000 noms de domaine enregistrés. Ce chiffre confirme l’intérêt des Bretons et des acteurs régionaux pour ce nouvel outil de communication et laisse espérer un cap des 10 000 noms de domaine enregistrés avant la fin de l’année.

Des premiers enregistrements prometteurs

Le .BZH compte à présent plus de 4000 noms de domaine enregistrés. L’adoption rapide par un nombre significatif d’usagers (entreprises, associations, particuliers, collectivités) est un signal encourageant pour la première année d’exploitation du .BZH.

.BZH : une extension internet sûre

Une première analyse des noms de domaine enregistrés en .BZH donne la vue d’une zone de nommage sûre.
De fait, le .BZH bénéficie dès le départ de conditions d’enregistrement spécifiques qui limitent les abus ou usurpations. En effet, un nom de domaine en .BZH ne peut être réservé par une personne morale ou un particulier qu’à condition d’avoir une adresse en Bretagne OU d’avoir une activité permettant la valorisation du territoire OU d’avoir un site internet faisant référence à la culture bretonne ou rédigé en majeure partie en langue bretonne ou gallèse.
Ces conditions permettent de protéger les intérêts des ayants droits bretons et de limiter les cas de cybersquatting (achat d’un nom de domaine par un tiers dans le but de nuire ou d’en tirer indûment profit).

Le .BZH se rattache à la catégorie des extensions géographiques classées par les acteurs du secteur comme les plus pérennes à terme et les plus intéressantes pour les nouveaux entrants sur le marché des noms de domaine. En effet, ces extensions internet porteuses de sens offrent de plus grandes opportunités en termes de communication et de nommage (plus de noms de domaine disponibles) et sont clairement identifiables par les publics visés.

Une forte concentration géographique en Bretagne, cible première du .BZH

Extension-internet-bzh-1Les premiers résultats montrent que le .BZH a trouvé son public en touchant prioritairement les Breton-ne-s et les acteurs régionaux, puisque les cinq départements de la Bretagne historique représentent 84 % des enregistrements (Finistère : 30% – Ille-et-Vilaine : 24% – Morbihan : 15% – Côtes d’Armor : 10% – Loire-Atlantique : 5%).

La diaspora bretonne localisée en région parisienne complète cet état des lieux avec un total cumulé de près de 92 % (8% des enregistrements sont le fait de titulaires situés en Île de France)
6,5% des enregistrements se répartissent dans les autres régions françaises et 1,5 % à l’international.

Le .BZH prisé par les professionnels

Parmi les 4000 noms de domaine enregistrés en .BZH, 70 % l’ont été par des entreprises ou des associations, 10 % par des collectivités. Les particuliers dont le nombre croît représentent pour l’instant 20 % des détenteurs de nom de domaine en .BZH. Cette répartition s’explique notamment par les phases d’enregistrement prioritaires dont les personnes morales ont bénéficié depuis septembre et qui leur ont donné un temps d’avance.

Le .BZH à la rencontre des acteurs bretons

Le registre gestionnaire du .BZH, l’association à but non lucratif www.bzh, poursuit ses actions d’information en Bretagne, notamment en animant des conférences gratuites sur l’essor des nouvelles extensions internet. En effet, il faut rappeler qu’en plus du .bzh, près de 1200 nouvelles extensions ont commencé à fleurir sur la toile.

Il est donc important pour l’association, engagée dans la promotion des usages numériques, d’apporter aux Breton-ne-s et à tous les acteurs du territoire une information complète sur cette révolution du web afin que le plus grand nombre puisse en profiter et que la Bretagne garde pour longtemps encore son image de « terre des TIC » (technologies de l’information et de la communication).

Lire l'article

Le salut de l’industrie agroalimentaire breton passe-t-il par l’exportation ?

La forte demande internationale en produits agricoles et agroalimentaires peut laisser penser que l’exportation est la solution à certaines difficultés que rencontrent l’agriculture et l’agroalimentaire breton et morbihannais. Les récents investissements réalisés notamment par les laiteries tendent à prouver que le potentiel est là. Quelle est la part actuelle des exportations dans la production bretonne ? Quelles sont les potentiels de développement, les avantages et les risques ? Qu’est-ce que cela implique pour les entreprises et les agriculteurs ? Voici quelques données et réflexions sur ce phénomène résultant de la mondialisation des économies.

le salut de l'activité agroalimentaire_webL’exportation de produits agricoles et agroalimentaires n’est pas nouveau pour la Bretagne ! Dès la création de la PAC en 1962, le principe de marché unique est institué ce qui permet aux produits alimentaires de circuler librement au sein des pays de la Communauté économique européenne. Ceci explique qu’aujourd’hui encore, 61 % des exportations bretonnes vont vers les pays de l’Union européenne avec l’Italie comme premier client. Le groupe Cecab d’Aucy, basé à Theix (56), illustre cette ouverture bretonne sur l’exportation avec la présence de ses produits dans l’ensemble de l’Europe. Aujourd’hui, 30 % des volumes de ses légumes produits en Bretagne sont exportés soit 120 000 tonnes. Cette ouverture sur l’Europe s’est renforcée avec l’Acte Unique de 1992 et la création de l’euro qui a facilité les échanges. Son corollaire est que les importations sont aussi favorisées : la filière volailles de chair connaît bien ce problème car elle doit faire face à une forte concurrence de l’Europe du Nord. Aujourd’hui, la Bretagne exporte 15 % de ses produits agroalimentaires avec des taux variant fortement d’une filière à l’autre. Les destinations les plus dynamiques se trouvent hors de l’Europe.

Le grand large, la panacée ?

Historiquement, les exportations bretonnes vers les pays tiers (en dehors de l’Union européenne) se faisaient principalement grâce à des subventions sur des produits de base type poudre de lait, beurre ou poulets congelés. Depuis le milieu des années 2000, le contexte a radicalement changé. Avec le développement des pays émergents, Chine en tête, les besoins alimentaires mondiaux ont fortement crû. Aujourd’hui, les exportations bretonnes vers les pays tiers répondent à un vrai besoin tant quantitatif que qualitatif. L’intérêt pour les industriels de ce nouveau débouché est multiple : contrairement à l’Europe, ce sont des marchés en croissance. Cela leur permet aussi de diversifier leur portefeuille et dans certaines conditions, ces marchés peuvent être plus profitables que le marché intérieur.

Les risques ne sont cependant pas absents : l’embargo russe nous rappelle que la géopolitique peut parfois s’en mêler. Dans d’autres cas, les crises sanitaires et les variations de taux de change sont autant d’éléments qui peuvent rendre le débouché grand export plus risqué.

La filière lait illustre parfaitement l’ouverture des exportations bretonnes aux pays tiers : certaines laiteries comme Sodiaal décident d’y aller. Cela leur permet d’offrir plus de volumes à leurs livreurs avec en contrepartie un prix plus volatil.

En 2013, la Chine absorbait déjà 5 % des exportations bretonnes de produits agricoles et agroalimentaires ce qui en faisait la première destination hors Europe. Etant donnés les taux de croissance des dernières années, ce pourcentage continuera de grimper à l’avenir.

 L’échelle régionale est dépassée

Les groupes agroalimentaires présents en Bretagne sont souvent d’envergure nationale et internationale. Le raisonnement de ces entreprises ne se fait donc pas au niveau régional mais porte sur des zones bien plus vastes. Hormis les produits agricoles et agroalimentaires qui se transportent mal, qui coûtent cher à déplacer ou qui sont très liés à l’identité d’une région ou d’un pays, l’effacement des frontières poussent les acteurs à penser par grandes zones géographiques continentales. Dans ce contexte, les recettes du succès à l’export sont les mêmes que celles pour le marché intérieur. Cela explique que les filières qui sont dynamiques en France gagnent aussi à l’exportation et vice-versa. Une forte demande mondiale n’est donc une chance que si les filières bretonnes peuvent y répondre soit en étant compétitives sur les prix, soit en ciblant les produits à plus forte valeur ajoutée répondant aux attentes spécifiques des consommateurs des différents pays.

Arnaud Haye

Chambre d’agriculture du Morbihan

Article paru sur Terragricoles de Bretagne, hebdomadaire agricole et rural

Lire l'article

La Bretagne : les réalités contre l’appareil

gwenn ha duUne frontière de plus en plus vive s’instaure entre une Bretagne vécue, ressentie et la réalité institutionnelle. La population considère ici la pluralité urbaine et rurale comme une chance et Paris finance des métropoles. 71 % des habitants de la Loire-Atlantique se disent bretons et l’on conforte la région des « Pays de la Loire ». La quasi-totalité des scientifiques étudie sans plus d’interrogation la Bretagne telle qu’elle est, sur ses cinq départements et pour de simples cohérences analytiques (les historiens, les naturalistes, les sociologues, les géographes, les anthropologues etc.). Mais on impose à marche forcée une fusion administrative « Bretagne-Pays de la Loire » que personne ne réclame. On pourrait poursuivre la litanie des incohérences. On a tenté un temps d’effacer la Bretagne juridique, heureusement sans succès. Le droit n’en avait plus. Le droit était sans droit. 30 000 personnes dans la rue à Nantes et l’on fait comme si rien ne se passe. On vient d’abandonner les projets touristiques de valorisation des marches de Bretagne qui courent depuis des siècles de Fougères à Machecoul.

Oui mais l’histoire n’existe pas. C’est connu, les universitaires bretons sont incompétents. Ils consacrent leurs vies à un territoire sans intérêt. Le droit a tort. La science a tort. Le peuple a tort. La géographie a tort. L’histoire a tort. L’Etat français devient le nettoyeur des identités. Un effaceur de mémoire. La fusion des universités et du « savoir » est un exemple emblématique et l’on avance sur une technocratie toujours plus loin des hommes.

Lire l'article

L’emploi cadre : une répartition très inégale sur le territoire

fond_vierge

La répartition territoriale des cadres du privé fait apparaître une importante concentration dans quelques bassins d’emploi. Sur les 304 zones d’emploi de France métropolitaine, seules 17 regroupent plus de 25 000 cadres. Ces places fortes pour l’emploi cadre rassemblent ainsi 58 % des cadres du privé, contre 34 % de la population et 44 % des emplois du secteur privé. De surcroît, ces territoires bénéficient d’une dynamique économique très favorable et d’un positionnement sur des activités à forte valeur ajoutée. Dans 16 des 22 régions françaises, on observe également une concentration des cadres du privé autour d’une seule zone d’emploi. Toutefois, des pôles secondaires peuvent également regrouper un volume significatif de cadres. Ce couplage entre une zone d’emploi principale pour l’emploi cadre et des zones d’emploi annexes se trouvera renforcé dans le nouveau découpage régional en 13 régions.

Focus sur la Bretagne

Avec 38 900 cadres, la zone d’emploi de Rennes mobilise près de 40 % des cadres bretons. La répartition des cadres de la région s’observe à travers plusieurs pôles secondaires, et en particulier Brest qui compte 15 300 cadres soit 15 % des cadres régionaux. Réunies, les zones d’emploi de Rennes et de Brest regroupent plus de la moitié de la population cadre de la région. Vannes (7 900 cadres), Quimper (7 300), Lorient (7 100) et Saint- Brieuc (6 800) disposent également d’un volume significatif de cadres. Portée par les activités de télécommunications, Lannion se distingue aussi par un effectif de cadres important (3 600) au regard du volume d’emplois présents dans la zone d’emploi. Les onze autres zones d’emploi de Bretagne rassemblent, quant à elles, moins de 3 000 cadres chacune.

Avec 58 500 cadres du privé, la zone d’emploi de Nantes concentre 44 % des cadres de la région Pays de la Loire.

L’emploi cadre

Lire l'article

Territoires : La Bretagne mise sur son économie

Porté par une forte identité culturelle, le régionalisme breton s’exprime moins dans le champ politique qu’économique.

La récente révolte des « bonnets rouges » l’atteste

Vue de Paris, la révolte des « bonnets rouges » à l’automne 2013 avait quelque chose d’exotique. Voir défiler côte à côte ouvriers, agriculteurs, artisans, petits patrons ou représentants de la grande distribution, tous portant le gwenn ha du – le drapeau de la Bretagne – en bandoulière, en a déconcerté plus d’un. « Ce qui n’a pas été compris, c’est que le mouvement était porté par des valeurs communes qui, à l’échelle d’un territoire, ont la faculté de transcender les clivages traditionnels », explique Romain Pasquier, politologue et chercheur à l’Université de Rennes.

Les Bretons se sentent très français

« En Bretagne, le nationalisme n’existe pratiquement pas, les Bretons se sentent très français, mais ils sont aussi très attachés à leur territoire », résume de son côté le géographe Jean Ollivro qui préside l’association Bretagne Prospective.

Lire l'article

« Réunification de la Bretagne ? » Un nouvel ouvrage essentiel sur l’avenir breton

livrereunifierlabretagne

Ils sont têtus dit-on. Plutôt déterminés. Le têtu bute contre un mur alors que celui qui gagne le contourne. Après le refus par l’Etat de reconnaître la Bretagne, on ne pensait pas qu’un ouvrage évoquerait aussi rapidement une capacité de rebond. Or, dirigé par Yves Lebahy et Gaël Briand, ce livre « Réunification de la Bretagne  » de l’Association des Géographes de Bretagne est un livre dans tous les sens du terme incontournable et carré (15 sur 15 cm).

Il évoque avec de multiples arguments le bénéfice pluriel pour l’ouest de la France d’avoir trois régions claires (Bretagne, Normandie, Val de Loire), le caractère indispensable d’une Loire-Atlantique pour la Bretagne et d’une Bretagne pour la Loire-Atlantique. D’ores et déjà, l’ouvrage rappelle que cette unité existe (le droit, la géographie, l’histoire, le sentiment d’appartenance etc.). Dans ce pays centralisé, sa reconnaissance permettrait surtout de renforcer les projets et de contrer un pouvoir parisien omniprésent … qui explique en boucle une non-reconnaissance et un déni de démocratie. L’ouvrage passionnant est remarquablement illustré de nombreuses cartes représentant la pertinence d’une Bretagne forte à l’échelle infrarégionale, régionale, nationale et européenne. A noter aussi quelques dessins parfois très drôles de l’illustrateur Nono. Décliné en quatre parties, l’ouvrage campe remarquablement les enjeux d’une Bretagne fonctionnant cinq sur cinq, pour son profit et celui des régions voisines. Le texte est lisible, clair, avec des chapitres bien organisés et évitant les redites. A noter en fin d’ouvrage deux articles d’Yves Lebahy qui posent des enjeux de fonds sur l’aménagement du territoire breton et le déséquilibre renforcé entre l’est et l’ouest. Il interroge surtout une vision métropolitaine « à marche forcée » qui remet en cause le polycentrisme breton et son équilibre urbain. Une réflexion stratégique de plus et des arguments scientifiques peu contestables de la part de spécialistes de l’aménagement du territoire. Comme le souligne l’ouvrage (p.9), « la Bretagne a toujours eu besoin de géographes » (M. Phlipponneau pour le C.E.L.I.B etc.). Il est plus largement à souligner que l’ensemble de la communauté universitaire, parfois pour de simples raisons de compréhension, travaille naturellement sur la Bretagne et non sur une Bretagne administrée à quatre départements. Cet Etat est de plus en plus loin des réalités sur lesquelles travaillent les universitaires, qu’ils soient historiens, anthropologues, sociologues, géophysiciens, naturalistes, politologues, juristes…  Mais l’Etat semble juger ici aussi que le pouvoir universitaire est sans compétence et que l’ensemble de la communauté scientifique se trompe. On aimerait bien parfois pouvoir comparer le niveau réel des uns et des autres. En tout cas, un ouvrage à lire absolument.

Le Comité de Rédaction de construirelabretagne.org

« Réunifier la Bretagne ? Région contre métropoles ? », Collectif Géographes de Bretagne, sous la direction d’Yves Lebahy et de Gaël Briand, Skol Vreizh, 2015, 160 p, 13 Euros, ISBN 978—36758-042-5

Lire l'article

Les départementales, caisse de résonance dont se privent les partis bretons

Alors que les partis nationaux ont réussi, parfois au prix d’alliances, à être présents dans la quasi-totalité des cantons des cinq départements, force est de constater que les grands absents de ces élections départementales sont les partis bretons. Un paradoxe quand, dans certains cercles d’électeurs, le mot d’ordre en faveur du vote breton semble être de plus en plus présent.

Pourtant, que ce soit l’UDB ou l’alliance qui s’est construite autour de Christian Troadec lors la dernière élection européenne, les candidats ne sont pas nombreux. Sur les réseaux sociaux, une carte montrant les cantons concernés a circulé et mettait en avant qu’au final moins d’un quart des électeurs bretons auront dans leur choix une liste locale. Cette carte soulignait également une volonté, avérée ou non, de ne pas entrer en concurrence directe sur les cantons où l’une ou l’autre des listes étaient présentes.

Autre information, les cantons concernés sont principalement situés en Basse Bretagne, et plus encore dans un triangle situé entre Saint Brieuc, Lorient et Carhaix, majoritairement. Il est bien évident qu’il s’agit des zones où ces partis sont susceptibles de recevoir un accueil plus favorable, il y a donc eu l’idée, plutôt que de semer sur tout le territoire, de réussir à tenter des «coups», en étant présents sur les zones où il était sans doute possible de faire un score honorable.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette relative absence sur le scrutin départemental. La première tient d’ailleurs dans l’importance que ces formations accordent aux départements. Que ce soit à l’UDB ou chez «Bretagne nous te ferons», l’idée est que cet échelon administratif doit disparaître. Tous sont favorables au renforcement de la région et à la collectivité unique que serait l’Assemblée de Bretagne. Et tous militent en ce sens. Dès lors, participer aux élections départementales n’aurait pas réellement de sens, sans compter que cela mobiliserait des moyens financiers, alors que l’élection régionale aura lieu, elle, quelques mois plus tard.

Lire l'article

Et si Nantes choisissait la Bretagne ?

Une partie des élites nantaises a souvent joué et joue encore contre l’unité bretonne. Dès 1941, à une époque où la Bretagne était en situation de misère, les pouvoirs économiques (CCI notamment) regardaient avec condescendance une identité associée à la misère et au déclin économique.

Aujourd’hui, dans un pays si centralisé, de nombreux pouvoirs institués tirent leurs subsides du pouvoir central et ne veulent surtout pas couper la branche sur laquelle ils sont assis (le Conseil régional des Pays de la Loire etc.). Parallèlement, on donne actuellement à Nantes comme à Rennes des statuts de « métropoles » qui gonflent soudainement leurs budgets. Si l’on prend un peu de recul, on constate que le bilan de la « réforme territoriale » socialiste aura été par dessus tout la négation des identités régionales. A l’inverse, on privilégie avec une vision administrative des « capitales de province » (Nantes, Rennes, Brest) comme pour mieux opposer les villes à leurs territoires. Les fractures territoriales pourtant jugées « insupportables » vont encore se renforcer. Les métropoles risquent de plus en plus d’abattre leurs cartes personnelles au-delà des projets régionaux.

Cela dit, sur une temporalité plus longue, l’identité bretonne n’a plus du tout à Nantes la même image que dans les années 1950. Le mot Bretagne est très couru pour le dépôt des marques : plus de 1 600 en tout sur la base de l’INPI si on prend Bretagne (905), Breizh (624), Armorique (50), Triskell ou Triskalia (30) etc. A l’inverse, les deux mots « Pays de Loire » ou « Pays de la Loire » sont choisis par … 85 structures ou entreprises !

Lire l'article

La convergence incontournable des aspirations frugales

L’innovation sera frugale ou ne sera pas. Navi Radjou, jeune conseiller en stratégie d’entreprise, lauréat 2013 du prix Thinkers 50, sait que nos contraintes sont de formidables opportunités. Après un premier livre sur la « débrouillardise », traduction du mot hindi Jugaad, le jeune homme d’origine indienne, publie ce 17 mars un nouveau livre intitulé « L’innovation frugale ».

« J’ai voulu montrer que  la conversion frugale qui se veut approche astucieuse pour utiliser au mieux les ressources n’est pas une affaire pour les pays du sud seulement, mais qu’elle s’impose aux Etats Unis comme en Europe. L’approche frugale permet de sortir de l’éclatement des bonnes volontés et d’unir les efforts des communautés de l’économie circulaire, de l’économie sociale et solidaire, du mouvement des makers… « .

Cinquante études de cas (dont 35 en Europe) sont disséquées afin de faire la preuve que l’industrie d’hier ne peut plus fonctionner avec les mêmes ressorts. La culture du secret, la main mise sur des marchés stables, l’investissement massif dans une R&D déconnectée de la société sont inopérants désormais. Les preuves sont légion notamment dans l’industrie pharmaceutique qui est en panne. Alors que les dépenses en R&D sont passées de 15 milliards en 1995 à 45 milliards en 2009, le nombre de nouveaux médicaments lancés chaque année a chuté de 44% depuis 1997. De plus la Big pharma est confrontée aux Etats-Unis à une contestation croissante de la part des politiques et du public : les coûts de santé s’emballent alors même que 50 millions d’Américains ne bénéficient toujours pas d’une assurance maladie de base. L’industrie automobile n’est pas plus brillante : le secteur automobile américain a dépensé 16 milliards de dollars en R&D pour la seule année 2007. Cependant les résultats ne sont pas au rendez-vous : la part du marché américain des Big Three  (Chrysler, General Motors, Ford)  est passée de 70 % en 1998 à 44,2% en 2009 (Christian Science Monitor, 5 janvier 2011).

Penser l’innovation technique avec l’innovation sociale

penser l'innovation1Quatre facteurs concourent à chercher des solutions astucieuses et économes, selon Navi Radjou : la rareté des ressources, les réglementations, la compétition (qui favorise le plus offrant) et l’évolution des comportements d’achats. Les consommateurs eux-mêmes ne veulent plus de surabondance. Le CREDOC en France a repéré que 14% des consommateurs sont adeptes de la frugalité choisie. Un sondage mondial fait par Nielsen indique que 55% des gens sont prêts à payer plus pour des marques qui incarnent des valeurs (2/3 des personnes souhaitent d’ailleurs travailler dans des entreprises réputées pour respecter leur  environnement). Les jeunes ne veulent plus posséder de voiture, ne croient plus aux recettes anciennes pour faire du business. Ils ont devant les yeux les succès stories des Steve Jobs, Zuckerberg ou Larry Page.

Lire l'article

La farce territoriale

A l’origine d’un mouvement girondin, la Bretagne est une région qui se retrouve orpheline, bras cassé, apparemment inaudible malgré 30 000 personnes à Nantes ou la force du mouvement des Bonnets rouges. La force fait face à la farce. Si l’on a bien compris, la « grande affaire du quinquennat » était la décentralisation. Elle semblait proposer une réelle réforme territoriale supprimant les départements et créant des régions fortes. Or, la prime unique est aux « métropoles » qui deviennent des Paris en province. On tue les territoires pour créer des niches avec des « pôles » qui réuniront les plus riches. A coup de milliards, on se gave de pôles d’échanges multimodaux qui oublient les mobilités quotidiennes. Le budget de Rennes Métropole -tout un « programme »-  évoque 368 millions pour les transports, 144 millions pour la voirie et les réseaux avec le but ultime de créer un « pôle multimodal » qui profitera bien sûr aux cadres.

Lire l'article