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Aliments de demain. La Bretagne vise l’universel

Article de Christophe Violette publié dans Ouest-France du 27 août

Poids lourd de l’agro-industrie européenne, la région trône en très bonne place à l’exposition de Milan. Ses entreprises les plus innovantes y sont allées, mardi, en visite officielle.

Les boulangers Laura Pédernec et Jean-Claude Cherrier entourent Michel Morin et Pierrick Massiot, vice-président et président du conseil régional
Les boulangers Laura Pédernec et Jean-Claude Cherrier entourent Michel Morin et Pierrick Massiot, vice-président et président du conseil régional

Mangiare bene, oggi e domani : bien manger, aujourd’hui et demain. Ou comment nourrir la planète de 2050, avec ses 10 milliards d’êtres humains ? Vaste programme… C’est celui de l’exposition universelle de Milan, une fourmilière très grand public. Puisqu’elle accueille, jusqu’à fin octobre, quelque 20 millions de visiteurs en rassemblant 147 pays. Chacun a tenté de répondre, à sa façon, à ce défi.

 

Quand les Émirats Arabes Unis font dans la propagande opulente, la Corée du Sud dans l’esthétique raffinée, la France, elle, a choisi la sobriété efficace. Avec, à la place d’honneur, la Bretagne. Pour un message simple : qualité, sécurité, écoresponsabilité.

L’Italie, 1er client de la Bretagne

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Agro-alimentaire : faire de la logistique une arme stratégique de développement

Bretagne Développement Innovation (BDI) a missionné les cabinets Samarcande et Supply Chain Masters pour la réalisation d’une  étude stratégique sur la logistique des flux sortants de l’industrie agroalimentaire bretonne.

S’inscrivant dans les réflexions et les actions préconisées dans le Plan agricole et agroalimentaire du Pacte d’avenir pour la Bretagne et le Plan régional d’actions logistiques, cette étude vise à mieux comprendre les stratégies, les problématiques logistiques et les attentes de l’ensemble des acteurs de la filière agroalimentaire (industriels, distributeurs, transporteurs) afin d’anticiper les besoins futurs, de faire émerger des schémas logistiques partagés et d’impulser des plans d’action mobilisateurs capables de hisser les IAA bretonnes à un haut niveau de performance malgré leur éloignement géographique.

Menée de juin 2013 à avril 2014, la présente étude a pour objet de compléter le Plan régional d’actions logistiques (PRAL) par un état des lieux de la logistique des IAA bretonnes, un éclairage des problématiques logistiques rencontrées par les acteurs de la filière, la présentation de leurs attentes et la proposition d’actions concrètes pour faire de la logistique une arme stratégique de développement industriel.

A travers l’analyse statistique des flux sortants de Bretagne sur la base des données quantitatives émanant de la CCI Bretagne, de la Chambre d’Agriculture et du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie et une vaste enquête administrée auprès d’un panel d’une cinquantaine d’entreprises représentatives de la filière agroalimentaire (industriels, distributeurs, transporteurs, groupements de mutualisation logistique), cette étude dresse un diagnostic saisissant de la situation.

etude

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Le salut de l’industrie agroalimentaire breton passe-t-il par l’exportation ?

La forte demande internationale en produits agricoles et agroalimentaires peut laisser penser que l’exportation est la solution à certaines difficultés que rencontrent l’agriculture et l’agroalimentaire breton et morbihannais. Les récents investissements réalisés notamment par les laiteries tendent à prouver que le potentiel est là. Quelle est la part actuelle des exportations dans la production bretonne ? Quelles sont les potentiels de développement, les avantages et les risques ? Qu’est-ce que cela implique pour les entreprises et les agriculteurs ? Voici quelques données et réflexions sur ce phénomène résultant de la mondialisation des économies.

le salut de l'activité agroalimentaire_webL’exportation de produits agricoles et agroalimentaires n’est pas nouveau pour la Bretagne ! Dès la création de la PAC en 1962, le principe de marché unique est institué ce qui permet aux produits alimentaires de circuler librement au sein des pays de la Communauté économique européenne. Ceci explique qu’aujourd’hui encore, 61 % des exportations bretonnes vont vers les pays de l’Union européenne avec l’Italie comme premier client. Le groupe Cecab d’Aucy, basé à Theix (56), illustre cette ouverture bretonne sur l’exportation avec la présence de ses produits dans l’ensemble de l’Europe. Aujourd’hui, 30 % des volumes de ses légumes produits en Bretagne sont exportés soit 120 000 tonnes. Cette ouverture sur l’Europe s’est renforcée avec l’Acte Unique de 1992 et la création de l’euro qui a facilité les échanges. Son corollaire est que les importations sont aussi favorisées : la filière volailles de chair connaît bien ce problème car elle doit faire face à une forte concurrence de l’Europe du Nord. Aujourd’hui, la Bretagne exporte 15 % de ses produits agroalimentaires avec des taux variant fortement d’une filière à l’autre. Les destinations les plus dynamiques se trouvent hors de l’Europe.

Le grand large, la panacée ?

Historiquement, les exportations bretonnes vers les pays tiers (en dehors de l’Union européenne) se faisaient principalement grâce à des subventions sur des produits de base type poudre de lait, beurre ou poulets congelés. Depuis le milieu des années 2000, le contexte a radicalement changé. Avec le développement des pays émergents, Chine en tête, les besoins alimentaires mondiaux ont fortement crû. Aujourd’hui, les exportations bretonnes vers les pays tiers répondent à un vrai besoin tant quantitatif que qualitatif. L’intérêt pour les industriels de ce nouveau débouché est multiple : contrairement à l’Europe, ce sont des marchés en croissance. Cela leur permet aussi de diversifier leur portefeuille et dans certaines conditions, ces marchés peuvent être plus profitables que le marché intérieur.

Les risques ne sont cependant pas absents : l’embargo russe nous rappelle que la géopolitique peut parfois s’en mêler. Dans d’autres cas, les crises sanitaires et les variations de taux de change sont autant d’éléments qui peuvent rendre le débouché grand export plus risqué.

La filière lait illustre parfaitement l’ouverture des exportations bretonnes aux pays tiers : certaines laiteries comme Sodiaal décident d’y aller. Cela leur permet d’offrir plus de volumes à leurs livreurs avec en contrepartie un prix plus volatil.

En 2013, la Chine absorbait déjà 5 % des exportations bretonnes de produits agricoles et agroalimentaires ce qui en faisait la première destination hors Europe. Etant donnés les taux de croissance des dernières années, ce pourcentage continuera de grimper à l’avenir.

 L’échelle régionale est dépassée

Les groupes agroalimentaires présents en Bretagne sont souvent d’envergure nationale et internationale. Le raisonnement de ces entreprises ne se fait donc pas au niveau régional mais porte sur des zones bien plus vastes. Hormis les produits agricoles et agroalimentaires qui se transportent mal, qui coûtent cher à déplacer ou qui sont très liés à l’identité d’une région ou d’un pays, l’effacement des frontières poussent les acteurs à penser par grandes zones géographiques continentales. Dans ce contexte, les recettes du succès à l’export sont les mêmes que celles pour le marché intérieur. Cela explique que les filières qui sont dynamiques en France gagnent aussi à l’exportation et vice-versa. Une forte demande mondiale n’est donc une chance que si les filières bretonnes peuvent y répondre soit en étant compétitives sur les prix, soit en ciblant les produits à plus forte valeur ajoutée répondant aux attentes spécifiques des consommateurs des différents pays.

Arnaud Haye

Chambre d’agriculture du Morbihan

Article paru sur Terragricoles de Bretagne, hebdomadaire agricole et rural

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