En Loire-Atlantique (Bzh), des drapeaux pour les « vieux pays de nos pères » !

Chaque été, en Loire-Atlantique (Bzh), les Gwenn ha Du, aux célèbres graphismes blancs et noirs, symboles internationaux de la Bretagne, flottent, en très grand nombre, au léger souffle caressant qui ventile l’ample drap d’or et d’azur qui se pose, en ces instants de vacances, sur notre belle Bretagne-sud, Grand sud, pour certains, Plein sud, pour d’autres… mais Bretagne !
Oh certes, ces emblématiques étoffes sont moins nombreuses au faîte des mâts, hors saison, car l’opportunisme cyclique et saisonnier des « Marchands du Temple » se fait toujours, en cette période estivale « folklorique pour touristes », très aigu et assez distant de l’idée de traduire, tout simplement, avec évidence et en constance temporelle, l’enracinement, pourtant factuel de notre région arrachée, lors des plus mauvais moments de notre histoire, aux contours, encore actuels, de la Bretagne administrative…

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La Bretagne casse les frontières pour mieux se vendre aux Français

Certains y verront une énième strate administrative, d’autres une simplification de l’offre touristique. Depuis mardi, la Bretagne compte dix destinations touristiques qui dépassent les frontières des départements, et même des régions. Exit les pointes du Raz et presqu’île de Crozon. Faites place à la destination Quimper Cornouaille. De la même manière Dinard, Dinan, Cancale sont absorbées par la destination Saint-Malo baie du Mont Saint-Michel.

« La Bretagne regorge de joyaux et c’est une chance. Nous sommes tellement riches que nous ne savons pas quoi mettre en avant. C’est peut-être pour ça que notre offre touristique était trop floue », explique Maria Vadillo, conseillère régionale en charge du dossier. Quatrième région touristique française derrière l’Ile-de-France, Rhône Alpes et Paca, la Bretagne espère ainsi faciliter les séjours. « Jusqu’ici chacun faisait sa promotion dans son coin. Il fallait simplifier pour que les visiteurs s’y retrouvent plus facilement. Aujourd’hui, la concurrence est mondiale », poursuit l’élue.

Pour définir ses dix destinations, le Comité régional s’est appuyé sur l’étude « Morgoat » réalisée de 2005 à 2008 auprès de plus de 20.000 visiteurs de la région. « On voit les habitudes des gens. Ils ne s’arrêtent pas aux frontières d’un département pendant leurs vacances », poursuit Michael Dodds, directeur du comité régional du tourisme. Pas étonnant donc de voir les destinations déborder dans la Manche et en Loire-Atlantique, même si Nantes n’y entre pas. « C’est encore un autre univers », justifie Maria Vadillo.

Eviter les doublons

Sur le terrain, l’arrivée de ces dix destinations doit permettre de limiter la concurrence entre les différents sites et de limiter les doublons. « Sur la côte de granit rose, on a quatre offices de tourisme et pas un seul ne vante la même chose. Il faut travailler dans le même sens pour faire la promotion de la Bretagne dans son ensemble », explique Paul Droniou, responsable du comité du tourisme de Lannion-Trégor, devenu « Côte de granit rose, baie de Morlaix ». Une onzième destination devrait même être créée pour regrouper toutes les îles.

Camille Allain, www.20minutes.fr

La Bretagne : les réalités contre l’appareil

La Bretagne : les réalités contre l’appareil

gwenn ha duUne frontière de plus en plus vive s’instaure entre une Bretagne vécue, ressentie et la réalité institutionnelle. La population considère ici la pluralité urbaine et rurale comme une chance et Paris finance des métropoles. 71 % des habitants de la Loire-Atlantique se disent bretons et l’on conforte la région des « Pays de la Loire ». La quasi-totalité des scientifiques étudie sans plus d’interrogation la Bretagne telle qu’elle est, sur ses cinq départements et pour de simples cohérences analytiques (les historiens, les naturalistes, les sociologues, les géographes, les anthropologues etc.). Mais on impose à marche forcée une fusion administrative « Bretagne-Pays de la Loire » que personne ne réclame. On pourrait poursuivre la litanie des incohérences. On a tenté un temps d’effacer la Bretagne juridique, heureusement sans succès. Le droit n’en avait plus. Le droit était sans droit. 30 000 personnes dans la rue à Nantes et l’on fait comme si rien ne se passe. On vient d’abandonner les projets touristiques de valorisation des marches de Bretagne qui courent depuis des siècles de Fougères à Machecoul.

Oui mais l’histoire n’existe pas. C’est connu, les universitaires bretons sont incompétents. Ils consacrent leurs vies à un territoire sans intérêt. Le droit a tort. La science a tort. Le peuple a tort. La géographie a tort. L’histoire a tort. L’Etat français devient le nettoyeur des identités. Un effaceur de mémoire. La fusion des universités et du « savoir » est un exemple emblématique et l’on avance sur une technocratie toujours plus loin des hommes. (suite…)

L’Agence Culturelle Bretonne de Loire-Atlantique : comment faire vivre la démocratie ?

Depuis plusieurs années, l’ACB  44 dont le siège est à Nantes se distingue par un réel dynamisme et une prolifération d’actions et d’événements partagés par les habitants de la Loire-Atlantique (cf leur site http://www.acb44.com/). En amont des élections départementales, elle demande aux candidats de Loire-Atlantique leur avis sur les enjeux bretons. Comme souvent en Bretagne, la démarche pourtant vertueuse et qui a nécessité un lourd travail est peu diffusée. Comment faire pour faire vivre la démocratie ?

Sur le fond, la démarche actuelle de l’Agence Culturelle bretonne est très intéressante. Elle adresse tout d’abord  aux actuels candidats du 44 un « Livre Blanc de la culture bretonne en Loire-Atlantique ». Preuves à l’appui, le document  souligne la vitalité de la culture bretonne dans le 44 (http://www.acb44.com/images/Livre_Blanc_44_departementales_2015.pdf ). Il rappelle une appartenance réaffirmée par le monde associatif, économique, culturel mais aussi sous différentes formes par … l’Etat. Ce dernier est signataire de la Charte Culturelle de Bretagne, l’Education Nationale (même si c’est pour le moins timide)  reconnaît l’enseignement du breton sur les cinq départements,  le Ministère de la Justice fonctionne sur toute la Bretagne, etc.

Le Livre Blanc énonce ensuite cinq impératifs au profit de Loire-Atlantique : la « visibilité », la « vitalité culturelle », la « valorisation du patrimoine », la « dynamisation des langues »  et la nécessité de resserrer « l’action politique » entre le 44 et l’actuelle région administrée. En effet, comme le rappelle l’association,  « la coupure administrative avec la Bretagne ne doit pas remettre en cause notre droit au respect de notre histoire et de notre culture ». Elle doit au contraire avancer par des initiatives concrètes qui correspondent aux aspirations de l’essentiel de la population. (suite…)

« Lettre à la Bretagne », Pierrick Massiot

La Bretagne, le vrai projet d’avenir

Le débat sur une grande réforme territoriale est lancé. Chacun y allant de son découpage, de sa carte, et de ses propositions de mariages… Tout y est souvent présenté comme si la question institutionnelle était prioritaire, comme si le débat n’était que technique, comme si le sujet ne concernait que les seuls élus et pas les citoyens, comme si, enfin, la question se résumait à une opposition entre les « modernes » et les « anciens ». (suite…)