Article publié sur le site de l’Ofis ar brezhoneg

ofisLes défenseurs du breton qui souhaitaient voir l’enseignement bilingue se développer plus rapidement se sont longtemps vu opposer l’argument du manque de professeurs pour expliquer qu’il n’était pas possible de mieux faire en Bretagne. La région Bretagne a donc mis en place les aides DESK et SKOAZELL pour que le nombre de candidats au CRPE soit plus conséquent. Pourtant, le nombre de postes proposé au concours bilingue restait très faible (24 l’année dernière pour le public). Ce n’était pas très attractif (beaucoup de travail pour peu de chances d’admission).

En 2013 et 2014, la Région Bretagne a négocié une nouvelle convention avec l’Etat, un processus auquel l’OPLB a également participé. Cette convention stipule que dorénavant 15% des postes ouverts au concours seront réservés pour les bilingues, un pourcentage qui doit monter à 20% dans les meilleurs délais avant la fin de la convention (2015-2020). C’est la première fois qu’un tel objectif est fixé enBretagne. Cela représente donc une nette avancée pour la langue.

Les effets positifs sont nombreux. Tout d’abord, le breton est devenu la langue la plus dotée en postes, devant l’alsacien, le corse, le basque ou l’occitan. Ensuite, rien que pour le public, le nombre de postes a doublé dès la première année de mise en application de la convention. Enfin, le nombre de candidats inscrits n’a jamais été aussi important. Au final, le nombre d’admis s’élève à 60 cette année, dont 42 pour le concours externe public (+75% par rapport à l’année dernière). Cette nouvelle dynamique en termes de ressources enseignantes devrait permettre d’ouvrir plus facilement de nouvelles filières bilingues dans le premier degré dans le cadre d’un plan de développement pluriannuel. Elle confirme qu’il fallait d’abord donner un signe politique fort et augmenter le nombre de places au concours pour attirer plus de candidats.