Après une expérience journalistique en Presse écrite et parlée (O.R.T.F.) ce Malouin a aussi travaillé chez l’Oréal, dans l’industrie pharmaceutique et l’immobilier.

En 1984, Jean-Luc Poulain crée avec Aliette Benoist une Agence de communication bretonne. Arrivé à l’âge de la retraite, il fait le choix de se remettre aux études.

La formation tout au long de la vie

Beaucoup de politiques et d’enseignants en parlent, lui l’a fait. Après une Maîtrise du Ministère de l’Industrie au CNAM de Nantes, il s’inscrit à l’IGR-IAE de Rennes où il obtiendra un D.E.S.S. en Marketing. Il est aussi auditeur de l’I.H.E.D.N. (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale). A ce titre et compte tenu de ses compétences en matière de communication, il est nommé commandant dans la Réserve Citoyenne Cyberdéfense. Son épouse et ancienne associée ayant été élue, après plus de 300 ans, première femme Présidente du Tribunal de commerce de Rennes, il décide de s’inscrire en sociologie à Rennes2 où il obtient un nouveau Master2 dans cette discipline.  Compte tenu de ses résultats et de son profil atypique, son professeur, Ali Aït Abdemalek, l’encourage à s’inscrire en Thèse. Un pari, certes, mais qui verra son aboutissement le 5 décembre 2017. Son sujet : « les Entreprises familiales de Taille Intermédiaire (E.T.I.) sur le territoire de la Bretagne Historique ».

Penser l’Entreprise et ses dirigeants

Dans un volume de 444 pages, il appréhende grâce à différents entretiens menés auprès de créateurs, repreneurs et héritiers la dimension centrale des effectifs, du mode de management mais aussi de la territorialité de l’entreprise laquelle se trouve, aujourd’hui, soumise à des bouleversements majeurs : mondialisation, crise économique et financière, progrès techniques et changement des modes de production, etc.

Les hypothèses ayant guidé sa recherche sont que les entreprises de taille intermédiaire (E.T.I. comprises entre 250 et 4 999 salariés) conçues comme un « Laboratoire social » pour l’analyse du monde du travail, seraient susceptibles de participer plus efficacement que les P.M.E. et les grands groupes à la pérennisation de l’emploi, au développement socio-économique des territoires mais aussi au dialogue social ; en outre, elles seraient plus stables que les T.P.E., explique Madame  Bryon-Portet, Professeur des universités en sociologie à Montpellier 3, rapporteure de cette thèse.

Les récents chiffres publiés par l’INSEE en novembre 2017, attestent de la justesse de l’hypothèse principale : « Les E.T.I. ont créé 330 000 emplois, en France, sur un fond de faible croissance économique alors que les P.M.E. considérées comme « moteur de l’économie » en ont créé seulement 100 000 entre 2009 et 2015. Pendant ce temps, les microentreprises en ont perdu 100 000 et les grandes entreprises affichent un solde négatif de 80 000 ».

Et pour la Bretagne ?

Estimant que lors du dernier redécoupage des régions, la Bretagne restée dans son statu quo avait manqué, à nouveau, un virage en ne se réunissant ni aux Pays de la Loire ni à la Loire-Atlantique, le chercheur, à l’instar du Club des Trente, de l’Institut de Locarn, de Produit en Bretagne, de Bretagne Prospective et de nombreux politiques tant régionaux que nationaux avait fait le choix de la Bretagne historique pour définir son  territoire de recherche sur le plan géographique, économique, social et culturel. Ce choix de la Bretagne à 5 vient d’ailleurs d’être confirmé par François de Rugy, député de Loire-Atlantique, aujourd’hui, 4ème personnage de l’Etat qui se déclarait, début novembre devant 160 cadres bretons, être un ardent défenseur du rapprochement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Cette position vient, aussi, d’être confirmée par le professeur Champaud, ancien conseiller régional et général et past-Président de Rennes1, qui vient de publier un ouvrage sur le CELIB, intitulé : « Quand des Bretons éveillèrent la Bretagne ». A 90 ans, ce dernier grand témoin encourage les jeunes générations à retrouver l’esprit « célibien » à l’image des grands patrons que furent Jean-Pierre Le Roch, Edouard Leclerc, Yves Rocher, François Pinault et Vincent Bolloré pour continuer, sur leurs traces, à assurer, avec diplomatie, le développement économique, social et culturel d’une province réputée turbulente face aux citadelles du capitalisme.