Article publié dans Ouest-France le 8 septembre 2014

La rentrée dans les grandes écoles. À Brest, France business school et Télécom Bretagne ont créé une structure permettant de transformer un projet en start-up viable. Certaines ont aujourd’hui un joli succès.

Les incubateurs ne servent pas qu’à couver artificiellement des oeufs. Ils peuvent aussi faire éclore de jeunes entreprises !

À Brest, deux grandes écoles l’ont bien compris. En huit ans, l’incubateur Produit en Bretagne-France business school (FBS) a permis à 34 boîtes d’être lancées, avec « un peu plus d’une centaine d’emplois créés », relève David Merieau, responsable.

Du côté de l’école d’ingénieurs Télécom Bretagne, entre les deux sites de Brest et Rennes, ce ne sont pas moins de 100 créations qui ont été incubées depuis 1998 pour 600 emplois.

Mais avant cela, il y a eu une idée. Et des personnes ayant envie d’aider à la concrétiser. À FBS, à l’époque ESC (École supérieure de commerce), l’aventure a débuté en 2006. Objectif : « Favoriser l’innovation de marché par les compétences », indique David Merieau.

Cela passe par la possibilité, pour des étudiants de l’école – environ la moitié des « jeunes pousses » -, et des personnes extérieures, « jeunes ou moins jeunes », d’être hébergés gracieusement dans l’un des bureaux de l’espace entreprises.

 Jusqu’à 2 ans pour éclore

Cela dure de 6 mois à 2 ans au cours desquels le « porteur d’idée » reçoit également un accompagnement complet par des professeurs, mais aussi par des étudiants dans le cadre de leur cursus. Sans oublier un tuteur de choix. « L’un des 330 chefs d’entreprises membre de l’association produit en Bretagne », qui porte l’incubateur avec FBS, la CCI de Brest et la CCI Bretagne.

À Télécom Bretagne, site de Brest, 300 m2 sont dédiés à l’émergence de projets. Les chercheurs à l’âme d’entrepreneurs ou les entrepreneurs à la pointe de la technologie peuvent y incuber leur idée pendant 18 mois. « C’est la période nécessaire avant de lancer la commercialisation d’un produit, souligne Pierre Trémembert, responsable. Après, ils passent, s’ils le souhaitent, en pépinière », une autre formule réservée aux projets plus aboutis.

 Emplois bretons

Pour intégrer l’un ou l’autre incubateur, tous ont dû convaincre un jury d’adhérer à leur idée, mais aussi « à leur personnalité », ajoute le responsable de l’incubateur FBS. Les deux structures veillent aussi à ce que les entreprises s’inscrivent dans le tissu économique régional.

À FBS, seuls un peu plus de 10 % des dossiers déposés ont été incubés. Mais au final, ça paye. « Il n’y a que deux projets sur 34 qui n’ont pas abouti. » À Télécom, le taux de survie à cinq ans s’élève à 85 %.

Parmi les start-up créées à l’école d’ingénieurs, on peut notamment citer Fitnext, un service de coaching en ligne créé par un ancien champion cycliste.

Le lien est aussi particulièrement fort avec la recherche, d’où sont issus, ou qui accompagne, un tiers des projets. Mathias Herberts, de Cityzen Data (start-up qui récolte et analyse les données extraites d’objets connectés), est un ancien chercheur de Télécom Bretagne.

 « C’était top ! »

Du côté du campus de commerce, on peut notamment citer Agelyance (vente sur internet de produit de bien-être pour seniors), Octopousse (plateforme de financement participatif devenue Ulule) ou encore Zéro Gâchis, une application permettant de lutter contre le gaspillage alimentaire en signalant aux internautes les produits bientôt périmés en grande surface.

Christophe Menez, l’un des fondateurs, se souvient bien de son passage dans l’incubateur, en 2012. « On était étudiants et on a proposé notre idée à Produit en Bretagne. Ils l’ont trouvée géniale ! »

Cette année passée à FBS ? « C’était top ! On a vraiment senti qu’on voulait nous aider. Par exemple, quand on s’est agrandi, on a eu accès à un deuxième bureau. La mise en réseau a aussi été très utile. » Deux ans plus tard, Zéro gâchis a permis de sauver de la poubelle « 340 tonnes de produits ».

Une réussite qui donne des idées aux autres écoles. L’ENSTA, école d’ingénieurs, a « identifié cette envie dentreprendre chez de nombreux étudiants, doctorants et jeunes chercheurs ». Et réfléchit actuellement à créer « une gamme de services pour soutenir et accélérer les créations ».

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Grâce à l’incubateur Produit en Bretagne-FBS, Paul-Adrien Menez a fondé avec son frère Christophe et deux autres étudiants Zéro Gâchis, qui permet de recenser tous les produits bientôt périmés – et donc soldés – en grande surface. © Archives Ouest-France