648x415_rapport-activite-chambre-regionale-comptes-bretagneDans son rapport d’activité 2014 qu’elle vient de rendre public, la Chambre régionale des comptes s’est penchée sur les conséquences de la baisse des dotations de l’Etat pour les communes bretonnes. Une analyse fine censée anticiper la baisse programmée de l’enveloppe de 3,7 milliards d’euros par an au niveau national, dont 60 millions pour les villes bretonnes.

« Dans certaines communes, la situation financière s’est déjà bien détériorée alors que le désengagement va s’accroître en 2015 et 2016. Sans efforts de leur part, on peut imaginer une catastrophe », avance Raymond Le Pottier. L’auteur du rapport note tout de même que les communes bretonnes présentent « une meilleure situation que la moyenne française ».

Augmenter les impôts? 

Pour compenser, les communes bretonnes n’auront visiblement pas beaucoup de solutions. Augmenter les impôts, limiter l’investissement et réduire les coûts. La première solution, la moins populaire sans doute, serait en plus insuffisante à réduire le déficit à elle-seule. « Dans la plupart des cas, il faudrait relever la fiscalité de plus de 7% », note la chambre régionale des comptes. Une mesure impossible à appliquer pour les élus.

Le problème se pose également avec la réduction des charges de fonctionnement. Par anticipation, la plupart des communes ont déjà entamé des plans de restructuration, par ailleurs salués par la Chambre régionale des comptes. « Hors personnel, les charges n’ont augmenté que de 0,29% dans l’ensemble des communes en 2013 et 2014. Il y a une remarquable maîtrise, d’autant que ce sont des mesures douloureuses comme la réduction des subventions ou le non remplacement du personnel en retraite », poursuit Raymond Le Pottier.

L’investissement risque de souffrir

La Chambre régionale des comptes craint également la baisse des investissements, notamment dans les communes de plus de 10.000 habitants, les plus touchées par la baisse des dotations, « mais cela reste très difficile à évaluer, car les investissements sont aussi liés à un cycle électoral. Il faudra attendre un ou deux ans pour voir l’impact. » Les années à venir s’annoncent compliquées pour les collectivités. « Il faut absolument anticiper », conseille la Chambre.

Camille Allain, 20minutes.fr