L’Institut des neurosciences cliniques de Rennes (INCR) est le premier organisme à bénéficier directement des retombées du jeune fonds de dotation Bretagne Atlantique Ambition (BAA). Après un an de fonctionnement, le premier bilan est éloquent : la somme d’1,5 million d’euros a pu être réunie grâce à 12 mécènes.
Les quatre fondateurs* se sont engagés sur 50.000 euros chacun par an pendant cinq années. Les autres participations sont libres, la plus petite étant dix fois moins élevée. Tous dirigeants d’entreprise bretons, ils ont à coeur de défendre leur territoire à travers la recherche médicale et la lutte contre la fuite des cerveaux. « Nouspouvons faire le double très rapidement ! », lance énergique Christian Roulleau (groupe de nettoyage Samsic) séduit par cette cause territoriale très « lisible ». Son acolyte Roland Beaumanoir, P-dg malouin du groupe textile qui porte Cache-Cache, Bonobo, Bréal…, renchérit : « Nous sommes fatigués de pas savoir où vont nos impôts… BAA a des objectifs clairs, simples et un fléchage contrôlé. »

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Bretagne Atlantique Ambition. Cap sur les 3 M€ pour la recherche

Déjà des retombées mondiales

Sans leur soutien (un million d’euros engagé à ce jour), nul doute que les cinq premiers chercheurs rennais accompagnés n’auraient sans doute pas pu financer leurs travaux de recherche en France. Chacun de leur projet a reçu en moyenne 200.000 euros, pour des résultats très concrets : une nouvelle technique d’imagerie médicale pour mieux cerner la sclérose en plaques, l’application de champs électriques sur le cerveau pour aller vers un nouveau traitement de l’épilepsie, un logiciel de traitement d’images chez les « Parkinsoniens » pour assister les neurochirurgiens et neurologues dans la pose d’électrodes, l’évaluation du syndrome de Silver-Russell maladie rare atteignant 1 naissance sur 100.000 en France… « Rennes se place sur le devant de la scène mondiale », note cette jeune chercheuse qui travaille sur l’évaluation des effets d’un traitement pour Parkinson, deuxième maladie neuro-dégénératives en France derrière Alzheimer. Ces études sont souvent uniques au monde et les premières retombées ne se font pas attendre. « Il y a déjà des résultats », relève Jean-Marc Gandon, P-dg du centre rennais de recherche biomédicale Biotrial et membre du comité scientifique de BAA avec Joël Renault, fondateur du géant breton de la domotique Delta Dore. Il en veut pour preuve la publication d’un travail breton sur la sclérose en plaques, dans la deuxième revue scientifique mondiale The Lancet, pas plus tard que le 29 juin dernier.

> Qui sont ces généreux mécènes ?

(*) Le fonds BAA a été lancé par quatre capitaines d’industrie bretons, premiers mécènes : Roland Beaumanoir (P-dg du groupe malouin Beaumanoir), Christian Roulleau (P-dg du groupe rennais Samsic), l’hôtelier rennais Didier Ferré (gérant de Ferré Hôtels) et Thomas Savare (P-dg d’Oberthur Fiduciaire à Rennes).

 

Les ont rejoints dans l’aventure : Jean-Marc Gandon (Biotrial à Rennes), Alain Le Roch (société d’investissement Kreizig à Rennes), Jacques Verlingue (P-dg du courtier en assurances Verlingue à Quimper), Michel Guigo (directeur de la Laiterie de Saint-Malo, groupe Sill), Jean-Baptiste Gouin (P-dg de Talenco à Nantes), Yannick Kervarrec (P-dg de Sodirennes, le Leclerc de Saint-Grégoire), Jean Guillard (P-dg d’Augural) et Serge Raulic (P-dg des Thermes marins de Saint-Malo).

Géry Bertrande

JDE | Édition | 30 juin 2015