Malgré un coût supérieur à d’autres extensions, le «.bzh» a attiré près de 3000 entreprises et associations en moins d’une semaine. Mais pourquoi est-il plus cher ?

Une semaine seulement après son lancement auprès du grand public, l’extension bretonne a connu près de 3 000 enregistrements de noms de domaines. Et ce malgré un coût bien supérieur à d’autres extensions plus génériques. Quand un « .fr » se loue aux alentours de 12€ par an chez le bureau d’enregistrement de nom de domaine Gandi (en première position des enregistrements « .bzh », NDLR), il faut compter 49€ pour obtenir le même domaine en « .bzh », contre 39 € pour un « .paris », une extension lancée au même moment que la Bretonne. Comment expliquer cette différence de tarif, qui se retrouve chez la plupart des bureaux d’enregistrement ?

« Un potentiel commercial plus limité qu’un « .fr »

« Les extensions régionales ont un potentiel commercial nettement plus limité que les nationales, mais doivent cependant absorber des coûts fixes élevés », répond Cécile Esh, directrice des relations publiques en France pour 1 & 1. « Outre les frais de fonctionnement et de promotion, les registres (www.bzh pour le « .bzh ») doivent payer des frais importants à l’Icann (1), mais aussi à leur opérateur technique, l’Afnic (2). Ces coûts se répercutent donc inévitablement sur les prix que pratiquent les bureaux d’enregistrement.» Une information confirmée par David Lesvenan, le président de l’association www.bzh, où deux salariés à temps plein régulent et contrôlent les demandes d’enregistrement pour l’extension bretonne auprès de l’Icann : « nous facturons 35 € pour financer les différents services techniques et juridiques que nous assurons, ainsi que la promotion de l’extension et l’accompagnement des acteurs locaux », explique-t-il.

« Plus sécurisé, mieux référencé… »

« Ces 3.000 enregistrements sont tout à fait dans nos objectifs de 10.000 pour la première année. Bien sûr que nous sommes plus chers qu’un « .com » qui se loue à 6€ par an, mais il faut comparer ce qui est comparable. Des « .com », il s’en vend des millions chaque année : on ne peut évidemment pas rivaliser en terme d’économie d’échelle », souligne-t-il, précisant que « ce tarif de 35 € sera bien sûr amené à être baissé dès que nous aurons enregistré suffisamment de noms de domaines, comme l’a fait la Catalogne avec son « .cat ». « Il faut aussi rappeler qu’au-delà d’un signe d’attachement à sa région, le « .bzh » est une extension bien plus sécurisée qu’un « .com » et apporte une valeur ajoutée en matière de référencement. Par ailleurs, les possibilités de nommage sont encore infinies : on peut tout à fait enregistrer le nom exact que l’on souhaite en. bzh, alors qu’il sera probablement déjà pris en « .fr » ou en « .com » ». Et Jakez Bernard, le président de Produit en Bretagne, de conclure : « 35€ pour un acte aussi militant que celui de prendre un « .bzh », ce n’est quand même pas cher payé ! ».

(1) Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, l’organisme à but non lucratif qui attribue les noms de domaine et les numéros sur Internet.

(2) L’Association française pour le nommage Internet en coopération, qui gère les noms de domaines français.

 

Article publié dans le Journal des Entreprises le 2 janvier 2015.