Article de Yannick Guérin publié dans Ouest-France du 6 novembre

La direction régionale de Pôle Emploi a recensé 60 000 emplois dans l’économie maritime de Bretagne. Un vivier d’emplois nouveaux, estime l’étude.

emplois maritimes« L’économie maritime occupe une place remarquable dans l’ensemble de l’économie bretonne. Et son potentiel de développement constitue un vivier d’emplois nouveaux dans de nombreux secteurs d’activités », écrit Philippe Siebert, directeur régional de Pôle Emploi, dans une étude sur « la filière mer ».

À la différence du zoom socio-économique sur les activités marines dont l’agence régionale disposait déjà, et qui ne recensait que les métiers exercés en mer, l’étude s’est élargie aux « activités littorales, dédiées ou non à un usage marin ».

Qualifiée d' »approche grand large », elle permet ainsi de prendre en compte l’économie touristique. « Indirectement liés à la mer, les métiers de l’hôtellerie-restauration participent, par le volume d’emplois et la richesse créés, de façon décisive à la croissance de tous les autres secteurs du littoral ».

Métiers peu attirants

L’hôtellerie-restauration littorale apparaît d’ailleurs comme le premier employeur dans les familles de secteurs d’activité. En 2014, elle employait 25 575 salariés (-2 % sur 5 ans) sur 60 004. Elle est suivie par les services portuaires et nautiques, 6 539 (+10 %) ; la construction et la maintenance navale, 6 024 (+14 %) ; la transformation des produits de la mer, 5 306 (-6 %) ; travaux en mer, 5 195 (+20 %) ; recherche et ingénierie maritime, 3 631 (+1 %) ; pêche et cultures marines, 2 939 (-8 %) ; personnel embarqué, 2 814 (+14 %) ; activité et loisirs littoraux (+3 %).

Fin juin 2015, 17 300 demandeurs d’emploi recherchaient du travail dans la filière mer, soit 7 % de la demande d’emploi totale en Bretagne. Leur nombre a augmenté de 10 % sur un an, rythme supérieur d’un point à l’ensemble de la demande bretonne.

Mais la mer n’attire pas pour autant les jeunes. Une étude de 2010 auprès de 350 collégiens, lycéens ou apprentis montrait que la mer n’était pas perçue comme un espace productif. Cette perception n’a pas dû beaucoup évoluer.

Les métiers spontanément cités étaient ceux de pêcheurs, de sauveteurs en mer, de marchands de glaces sur les plages (!) et des métiers de demain liés à l’écologie. Les deux tiers de ces jeunes trouvaient ces métiers « peu ou pas attirants ».

Il y a fort donc à faire pour conforter la Bretagne comme grande région maritime, en donnant une plus grande visibilité aux formations et aux métiers liés à la mer et au littoral, comme le soulignait une étude du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser).

Yannick Guérin