Alors que la Bretagne entend bien prendre sa part dans l’essor des énergies marines renouvelables, la Conférence régionale de la mer et du littoral a validé, le mois dernier, une zone propice de 17 km² au sud de l’île de Groix, dans le Morbihan. Il s’agit d’y implanter une ferme pilote d’éoliennes flottantes. Un site qui bénéficie de plusieurs atours : il se situe près du port de Lorient, présente un bon niveau d’acceptabilité et dispose de plusieurs options de raccordement au réseau électrique terrestre.

Groix va, ainsi, devenir un élément crucial du développement des technologies nécessaires à l’exploitation commerciale d’éoliennes flottantes. Par rapport à l’éolien posé, ces machines présentent l’avantage de ne pas nécessiter de fondation au fond de la mer. Simplement ancrées, elles sont mobiles et devront donc permettre de réduire considérablement les coûts d’installation, de maintenance et à terme de démantèlement. Sans oublier le fait qu’elles peuvent être installées par des profondeurs d’eau plus importantes.

Le projet Sea Reed de DCNS et Alstom en lice

Pour que cette nouvelle technologie voie le jour en France, l’Etat doit lancer d’ici la fin de l’année un appel à manifestation d’intérêt visant à tester des démonstrateurs technologiques à Groix ainsi que sur un autre site pilote en Méditerranée. Pour la Bretagne, l’AMI pourrait concerner jusqu’à une dizaine de machines, pour une installation espérée vers 2018. DCNS et Alstom, qui ont conclu un accord de partenariat sur la faisabilité technique et commerciale d’une éolienne flottante, feront partie des candidats à l’AMI et aux appels d’offres qui suivront. Leur machine est développée dans le cadre du projet Sea Reed, qui associe un flotteur innovant à une turbine éprouvée de forte puissance. Il s’agit de l’Haliade 150 de 6 MW qu’Alstom produit à Saint-Nazaire pour les champs offshore traditionnels. Sea Reed a d’ores et déjà reçu le soutien de l’Ademe dans le cadre des Investissements d’avenir pour l’attribution d’un financement de 6 millions d’euros couvrant la première phase d’étude et de certification du système flottant équipé de la turbine Haliade.

Un grand pôle dédié à Brest

Pour la Bretagne, l’enjeu est important car, à n’en pas douter, des parcs seront installés au large des côtes françaises au cours de la prochaine décennie. Avec un potentiel de plusieurs centaines de mégawatts, permettant de compléter l’éolien posé afin de parvenir aux objectifs ambitieux que la France s’est fixée en matière de mix énergétique. « Les atouts de la Bretagne sont nombreux : un potentiel éolien flottant unique équivalent à la moitié du potentiel éolien flottant français ; des infrastructures portuaires dédiées, en capacité d’accueillir les charges lourdes spécifiques à cette technologie ; et la présence de DCNS, industriel historiquement engagé en Bretagne, pour l’installation d’une ferme pilote d’éoliennes flottantes », explique la Région, qui table sur 2021 pour voir arriver les premiers parcs commerciaux.

Dans cette stratégie, le port de Brest, sur lequel les collectivités consentent de lourds investissements pour aménager une grande zone logistique dédiée aux EMR, a une place centrale. C’est en effet là que doivent être assemblées les futures éoliennes flottantes. Des structures de très grandes dimensions, puisque leur gabarit équivaut à une demie tour Eiffel. A terme, Brest doit travailler sur les parcs appelés à voir le jour sur la côte Atlantique.

Article publié sur le site meretmarine.com