Article de Carine Mayo sur http://www.nationalgeographic.fr/23823-la-bretagne-une-region-pleine-denergie-positive/

Menerpôle, une pépinière d’entreprises spécialisées dans l’énergie, hébergée dans un bâtiment basse consommation © Yannick Régnier (CLER)
Menerpôle, une pépinière d’entreprises spécialisées dans l’énergie, hébergée dans un bâtiment basse consommation © Yannick Régnier (CLER)

Les Bretons ne manquent pas d’idées. Pour produire de l’électricité et se chauffer, ils utilisent l’énergie du vent, du soleil, des plantes et même celle des déjections animales. Panorama de quelques initiatives locales.

Les Bretons ont toujours été de farouches opposants au nucléaire. Ces dernières années, de nombreuses communes se sont d’ailleurs orientées vers les énergies renouvelables. Il y a dix ans, la communauté de communes du Mené s’est fixée pour objectif d’atteindre l’autonomie énergétique à l’horizon 2025. Aujourd’hui, à mi-parcours, elle produit près de 30 % de l’énergie consommée par ses 5 500 habitants.

C’est un petit groupe d’agriculteurs qui a initié la transition. En 2007, une filière de production d’huile de colza a été lancée. À terme, l’huile devrait servir de carburant pour les tracteurs. Dans cette région où les élevages de porcs sont nombreux, une trentaine d’éleveurs se sont regroupés pour créer une unité de méthanisation, en 2011. À partir des excréments animaux, cette installation produit de l’électricité (revendue à EDF) et de la chaleur qui alimente des serres.

Si la production d’énergie est au rendez-vous (le rejet de 9 800 tonnes de CO2 seraient évitées par an), l’usine a été condamnée deux fois pour un débordement et un défaut d’étanchéité ayant entraîné la pollution de rivières. « C’était la première unité de méthanisation collective en France et elle a essuyé les plâtres », reconnaît Yannick Régnier, animateur du réseau des Territoires à énergie positive (Tepos) qui fédère les actions de petites communes rurales. Les difficultés rencontrées autour de ce projet n’ont pas entamé la dynamique amorcée.

Dans le sillage de ces premières expériences, les communes du Mené ont installé des réseaux de chaleur alimentés avec du bois local déchiqueté pour chauffer les bâtiments publics. Elles ont également favorisé l’implantation de sept éoliennes, financées en partie par des citoyens. Côté habitat, Le Mené met désormais en location douze maisons à eau et chauffage solaires, pour un loyer mensuel de 600 euros. Et accueille une pépinière d’entreprises spécialisées en énergie, dans un bâtiment basse consommation.

« Les élus ont su faire de la question énergétique un vecteur de développement économique, souligne Yannick Régnier. D’autres territoires sont prêts à suivre : la Communauté de communes de Val d’Ille, au nord de Rennes, ambitionne de produire autant d’énergie qu’elle en consomme en 2030. La ville de Locminé (Morbihan) travaille sur un projet de production d’électricité à partir de la biomasse. » Autant d’initiatives inspirantes qui pourraient essaimer partout en France.

Carine Mayo