Article paru sur le site Ar ch’annad

S’il y a une tendance forte à retenir de cette décennie, d’un point de vue politique, c’est avant tout celle de la remise en cause, rampante, de la démocratie un peu partout sur la planète. Si le focus est souvent pointé sur les cas russe ou turc, il est cependant intéressant de constater qu’il concerne également les démocraties dites établies, où droits et libertés sont régulièrement remises en question. Pire, bien souvent la volonté populaire n’est pas prise en compte quand elle n’est pas biaisée afin d’obtenir le résultat voulu.

Le référendum au Royaume-Uni sur le Brexit en a représenté un exemple particulièrement frappant, avec une campagne marquée par les mensonges volontaires et éhontés des pro-Brexit auxquels les anti n’ont répondu que par des visions apocalyptiques. Une campagne au final indigente, peu informative pour les électeurs qui se sont retrouvés embarqués dans une aventure qu’ils n’ont pas forcément tous maîtrisé. Le vote à peine clos, le leader du parti d’extrême-droite UKIP, Nigel Farrage, revenait d’ailleurs déjà sur l’une des principales promesses des pro, concernant le financement du système de santé britannique.

Penser qu’une telle situation est exclusive au Royaume-Uni serait une erreur et la campagne présidentielle aux Etats-Unis le démontre. Certes, il n’est pas rare dans ce pays, notamment lors d’élections locales ou pour désigner les membres du Congrès, de voir les candidats multiplier les raccourcis et mensonges plus ou moins grossiers pour tenter de convaincre. Mais en la matière, la candidature de Donald Trump est assez éloquente. Selon des décomptes réalisés, près des trois-quarts des affirmations du candidat républicain sont en partie ou totalement fausses, un niveau sans doute inégalé. Cela ne l’empêche pourtant pas d’être toujours en course pour la victoire finale.

Et les exemples sont nombreux, bien souvent du côté des extrêmes, d’ailleurs, pour qui la fin justifie les moyens. En l’espèce, le Front National se fait régulièrement rattraper pour ses mensonges peu discrets, ce qui ne l’empêche malgré tout pas de progresser. Et si c’est le cas, c’est également parce que les autres forces politiques font usage de ces subterfuges de plus en plus régulièrement. Le cas de l’ancien président, Nicolas Sarkozy, est assez symptomatique, au même titre qu’un Manuel Valls pro de la com’ mais nettement moins des faits.

En France, le déni de démocratie peut sembler aller encore plus loin, avec un président de la République qui enchaîne les lois majeures allant non seulement à l’encontre des promesses de sa campagne électorale mais également des positions répétées de son propre parti, et signées par l’ensemble de son gouvernement. Une situation qui remet en question la base même du système démocratique, en portant un coup sérieux à la confiance des électeurs. Or, comme pour l’économie de marché, sans confiance la démocratie ne peut plus fonctionner.

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