Cinquante nuances de vert, de bleu et de gris. Loin de l’univers de E.L.James, c’est sur ces trois couleurs que repose en partie l’avenir de l’économie bretonne. La région a en effet lancé il y a un peu plus d’un an une nouvelle stratégie de développement axée autour du vert (agro-environnement), le bleu (ressources marines) et le gris (numérique), les trois couleurs combinées formant le glaz. « Chaque région en France et en Europe a ses propres atouts et il était donc important d’adopter une stratégie de différenciation pour mettre en avant les filières majeures dans lesquelles on souhaite investir », souligne Loïg Chesnais-Girard, vice-président de la région en charge de l’économie et de l’innovation.

Disposant de la plus grande façade maritime française, la Bretagne s’est donc tout naturellement tournée vers la mer, en misant notamment sur les énergies marines renouvelables ou sur les biotechnologies marines. « Si on prend les algues par exemple, l’idée de la Glaz économie c’est de montrer que c’est en Bretagne que la filière est la plus dynamique. On aura du coup plus de chances d’accueillir de nouveaux acteurs sur notre territoire », estime Frédéric Rode, directeur général de Bretagne Développement Innovation, qui pilote le dossier de la Glaz économie.

Une région à la pointe dans la cyber-sécurité

Cette stratégie de promotion des atouts bretons vaut également pour ses filières agricoles et agroalimentaires, frappées de plein fouet par la crise ces dernières années. « Mais ce sont des secteurs qui produisent de la valeur ajoutée et il faut donc accélérer le processus en modernisant les outils de production et en poursuivant la transition énergétique et environnementale », poursuit Loïg Chesnais-Girard.

Berceau historique des télécoms en France, la Bretagne compte également sur les opportunités qu’offre le numérique, notamment dans le domaine de la cybersécurité.. « Les experts de la commission européenne à Bruxelles nous ont indiqués que c’est en Bretagne et en Estonie que les choses bougeaient le plus dans ce secteur », se félicite l’élu régional.

L’enjeu désormais pour les élus va être de «créer une dynamique auprès des chefs d’entreprises» autour de ce concept de Glaz économie. « La finalité est bien sûr de créer des emplois et de redonner confiance à l’économie bretonne », conclut Loïg Chesnais-Girard, estimant que « 500 à 600 entreprises bretonnes » gravitent actuellement dans les sphères de la Glaz économie.

Jérôme Gicquel

20minutes.fr