Au salon des Ecoterritoriales à Vannes, le Conseil régional a présenté les huit projets pilotes qu’il va accompagner.

Trois questions à Daniel Cueff, conseiller régional délégué à l’écologie urbaine
Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

C’est un modèle économique et sociétal que nous avons lancé voici déjà trois ans, à un moment où en France personne n’en parlait encore. Aujourd’hui l’Europe le met en exergue et dans notre pays nous sommes, avec l’Aquitaine, la seule région à y avoir réfléchi sérieusement. Il s’agit de garder sur place une matière première tout au long de sa vie et de la réutiliser. Des entreprises, des collectivités et des associations sont très intéressées par ce phénomène, alors qu’en Bretagne 30 à 40 % de la matière première est enfouie ou incinérée, faute de lui trouver une réutilisation. Or, certaines matières risquent de s’épuiser très rapidement. Par exemple, 80 % du blé noir dont a besoin la Bretagne vient de Chine…

Comment la Région soutient-elle ce type d’économie ?

Nous avons lancé un appel à projets pour mettre en place concrètement cette économie circulaire. Nous avons reçu 35 dossiers, tous sérieux au point que nous les avons tous retenus. Mais nous allons en accompagner huit en priorité. Ils serviront de pilotes à nos aides, pas seulement financières, parce qu’ils sont novateurs, concrets et réalisables très rapidement. Ces projets feront la démonstration de l’impact positif de l’économie circulaire en Bretagne.

Des exemples de projets ?

Dans le Morbihan, certains sont déjà bien avancés. À Saint-Hélène, la municipalité prévoit la reconstruction d’une école avec des matières réutilisables ne générant pas de déchets. À Ambon, l’association Pelucine envisage de transformer les coquilles d’huîtres en sable et à en valoriser la nacre. À Lorient, la société Seabird veut créer des bacs à poissons en biopolymères plus faciles à recycler en fin de vie. Dans le Finistère, le projet porté par l’Adess du Pays de Brest prévoit la fondation d’un parc d’activités solidaires dans le quartier en friches du Pilier rouge. Dans les Côtes-d’Armor, c’est un réseau d’économie solidaire au sein de 100 petites entreprises qui est en cours autour de Saint-Brieuc. Sur l’ensemble de la Bretagne, le Collectif des festivals veut réutiliser les décors, objets et fournitures, et mutualiser des matériels entre les événements.

Recueilli par Patrick Certain, Ouest-France du 4 mai 2015