Article d’Adèle Le Berre paru dans Le progrès de Cornouaille

TOWT organise le transport de marchandises à la voile avec les innovations et les préoccupations du XXIe siècle.

La Biche est l’un des vieux gréements affrétés par TOWT. Crédit : Laurent Amiot.

La Biche est l’un des vieux gréements affrétés par TOWT. Crédit : Laurent Amiot.

Un nouveau label a fait son apparition sur certains paquets de thé ou de café, sur des tablettes de chocolat : transporté à la voile. Jusqu’à présent, le mode de transport n’était jamais spécifié. «C’est une première ! Ce label donne une image positive au produit. Le transport n’est plus considéré comme une charge et un coût mais comme une valeur ajoutée», expose Guillaume Le Grand, le patron de TOWT (Transoceanic wind transport).

Cette entreprise brestoise fait le pari que le transport à la voile a de l’avenir. Son discours trouve un écho de plus en plus favorable auprès des producteurs, chargeurs, consommateurs à la fibre écologique et soucieux de se démarquer. En 2015, l’entreprise a transporté à la voile 185 tonnes de marchandises, générant une économie de 65 tonnes de CO2. « En 2016, nous espérons dépasser les 200 tonnes de marchandises et 100 tonnes d’équivalent carbone », affiche Guillaume Le Grand qui dirige une petite équipe de cinq personnes installées à l’hôtel d’entreprises de Brest.

Trois grandes routes existent pour le moment : Transatlantique (Antilles, Bermudes, Açores, Bretagne), cabotage européen (du Portugal à la Scandinavie) et le cabotage régional (de Bordeaux au Nord Bretagne). TOWT aimerait aussi développer une offre sur le bassin méditerranéen. La compagnie affrète des vieux gréements comme Biche, Très Hombres, La Malouine… « On commence à atteindre nos limites avec ces bateaux. Le plus gros peut transporter 40 tonnes maximum. On a donc décidé de construire un voilier-cargo : un bateau du XXIe siècle », annonce Guillaume Le Grand.

Un bateau à 12 millions d’euros

Ce navire pourrait embarquer un peu moins de 1 000 tonnes de marchandises, mesurerait 60 m de long. Coût d’une telle unité : 12 millions d’euros. Un gros challenge tant architectural que financier, juridique… « Les études ont été lancées sur la carène, le gréement… Le calendrier industriel sera établi en 2016. Ça va aller vite », assure le jeune patron sans toutefois dévoiler la moindre date, ni le chantier de construction.

En 2016, TOWT devrait aussi transporter davantage pour le compte de tiers. « On devrait passer à 50 % de marchandises transportées pour les autres, et 50 % pour nous. Celles-ci sont ensuite vendues dans les magasins bios, les épiceries… » Le coût est naturellement renchéri : « Pour une bouteille de Bordeaux, il atteint 60 centimes par la route. Par voilier, on est à moins de 1 euro », illustre le patron. Prochain voyage : le 23 mars.