C’est un oui franc et massif. Les 85 entreprises qui ont répondu aux questions de construirelabretagne.org appellent de leurs vœux une Bretagne à cinq départements dans un grand ouest recomposé. Le projet qui leur était soumis tient en cinq lignes suivies de deux questions :

Construire la Bretagne.org est le site d’une initiative citoyenne dédiée à la réforme territoriale en cours. Nous y proposons un grand-ouest réorganisé en trois régions fortes et lisibles : la Normandie, la Bretagne avec la Loire-Atlantique et la création d’une grande région Val de Loire (le nom est inscrit au patrimoine de UNESCO) unissant l’essentiel des Pays de la Loire avec la région Centre ».

Question 1 : Dans ce moment historique, soutenez-vous ce projet pour créer des régions cohérentes ?

Question 2 : Si vous le souhaitez, merci de nous donner brièvement votre point de vue sur ce projet.

Les entreprises qui se sont exprimées sont issues des cinq départements de la Bretagne réunie, dont une dizaine pour la Loire-Atlantique. Quels sont les motifs d’un soutien aussi unanime ?

L’histoire et l’identité, arrivent en tête de classement (21 occurrences). Il ne s’agit en aucun cas d’une vision nostalgique. L’histoire est un gage d’efficacité pour se tourner vers l’avenir. « L’histoire est le socle de notre futur », explique un spécialiste de l’acier inox. Elle est aussi un gisement de solidarité. « L’efficacité d’une communauté ne se mesure pas à sa taille mais à sa volonté de construire ensemble, volonté qui est notamment forgée par des liens historiques et culturels », explique un imprimeur. C’est « un capital indispensable pour la réussite de la réforme et gage d’une base solide pour le développement social, culturel et économique », précise un fabricant de galettes, « un préalable », ajoute un expert en cuverie industrielle. « Le sentiment d’appartenance à un territoire est d’abord culturel. Il ne se décrète pas, il est le résultat d’un partage de valeurs, d’histoire, d’un mode de vie ou de pensée. Il est important de faire en sorte que le découpage des régions ait un sens », conclut un distributeur agroalimentaire.

La cohérence (13 occurrences) de la proposition de recomposition du grand-ouest présentée est souvent soulignée. « Je soutiens ce projet parce qu’il a le mérite de proposer une solution globale cohérente », commente un expert en management. Il apporte « un meilleur équilibre entre le poids économique des régions et la Bretagne s’en trouve renforcée durablement », appuie un ténor du transport en Bretagne.

L’héritage historique est perçu comme une évidence (9 occurrences), une simple question de bon sens. « Sur le plan économique cette Bretagne à cinq départements me semble tellement évidente », s’étonne la dirigeante d’une entreprise de management des ressources humaines. « Espérons que le bon sens et le pragmatisme sortent vainqueurs de ce débat », s’exclame un acteur économique qui souhaite rester anonyme.

C’est bien la force de cette cohérence qui permet d’entrer dans une dynamique de projet (15 occurrences) en trouvant l’élan nécessaire pour « affronter la mondialisation et les périodes difficiles que nous traversons », note le directeur d’un grand festival côtier. Cette logique n’est pas une logique égoïste. Elle semble au contraire conditionner l’élaboration de vraies synergies collaboratives avec les régions voisines. La région renforcée « sera une force cohérente pour ses propres actions mais aussi pour les régions voisines qui ne pourront que profiter de l’élan créé. Travaillant dans le monde de la mer, il me semble que cette Bretagne à cinq départements pourra enfin participer à la construction de cet arc atlantique avec les Basques espagnols, les Galiciens, les Portugais, les Gallois, les Irlandais et bien sur les Anglais des Cornouailles, et favoriser ainsi la construction d’un autre axe majeur en parallèle de l’axe Rotterdam/Milan. De même, en matière de pêche maritime, une Bretagne plus forte pourra mieux peser sur les décisions européennes », nous explique le directeur d’une mutuelle d’assurance de navires de pêches. Issu d’un tout autre domaine d’activité, ce patron d’une entreprise d’élagage s’enthousiasme : « Nous pourrons créer des synergies évidentes pour des projets d’envergure à plusieurs régions, mais sans racines historiques aucune communauté ne pourra être dynamique ».

La Bretagne unie est armée pour l’international (12 occurrences). Elle jouit d’une image forte et positive. « La Bretagne est notre passeport », résume le gérant d’une entreprise de Publicité sur les Lieux de Vente. « Une grande région historique, forte et dotée d’une réelle ambition mondiale, innovante, ouverte et performante qui utilise ses nombreux atouts (la mer, la terre, les Hommes) doit être l’objectif », renchérit le dirigeant d’une grande entreprise de restauration hors domicile. « La Bretagne est visible. Elle a une forte identité et bénéficie d’un capital de sympathie énorme », précise un torréfacteur, « la Bretagne fait vendre ! »

Les obstacles à la réalisation de ce grand-ouest recomposé sont plus administratifs que réels. On mesure à la lecture des témoignages qui précèdent que la demande économique est bien là. Les chefs d’entreprises ne manquent pas d’invoquer par ailleurs la composante démocratique de la réforme. « C’est à l’administration de considérer les attentes des citoyens », s’exclame le patron d’un groupement de paludiers. « Les politiques doivent s’effacer devant la demande des citoyens », confirme le patron d’une entreprise de plats cuisinés surgelés. « Une démocratie régionale ne peut s’organiser que dans le cadre de régions cohérentes et dans lesquelles les habitants se reconnaissent », analyse le rédacteur en chef d’une revue prestigieuse, « c’est le cas d’une Bretagne réunifiée qui sera une région forte au service de ses citoyens ».