Article de Nicolas Goalan publié dans l’hebdomadaire « Paysan Breton »

emploi-eleveur-laitier-aviculture-porcL’élevage en Bretagne génère un grand nombre d’emplois directs. La recherche de valeur ajoutée pour tous les maillons des filières est un travail à mener pour maintenir leurs contributions à l’économie régionale et à l’ancrage d’activités dans les territoires.

« Nous avons intitulé cette séquence de notre session : valeur ajoutée dans les filières et les territoires, l’enjeu d’un nouveau souffle pour l’agriculture bretonne. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : générer de la valeur ajoutée dans nos filières ; inventer les formes d’organisation, les bons rapports de force, qui rémunèrent chaque maillon qui crée cette valeur ; penser un développement économique qui irrigue durablement l’emploi sur les territoires plutôt que de le concentrer autour des métropoles », déclare Jacques Jaouen président de la Chambre régionale d’agriculture lors de la session de la Chambre régionale d’agriculture, du 23 novembre à Plérin (22).

35 000 emplois directs pour la filière laitière bretonne

Le réseau économie régionale de la Crab (Chambre régionale d’agriculture de Bretagne) a dressé un état des lieux des filières laitière, avicole et porcine en se focalisant sur l’organisation, la stratégie des acteurs et leur lien avec le territoire. « La filière laitière bretonne comptabilise environ 35 000 emplois directs. Une exploitation produisant 375 000 litres de lait génère 2,5 emplois directs. La filière avicole bretonne comptabilise 18 600 emplois directs. Une exploitation avicole moyenne en Bretagne génère 4,6 emplois directs. Pour la filière porcine bretonne, ce sont autour de 30 000 emplois directs et une exploitation produisant 5 000 porcs génère environ 11 emplois directs. » Ces chiffres révèlent le rôle et l’importance de l’élevage sur l’emploi en Bretagne.

Élevage et transformation, des destins liés

La production de volailles se stabilise mais elle baissait dangereusement depuis les années 2000, celle de porc est en recul depuis 2011. Par contre la production laitière progresse depuis 2010, en lien avec la fin prévue des quotas. « Dans les années à venir, il y a de gros enjeux concernant l’installation et la transmission des exploitations. Il faut travailler sur l’attractivité du métier en se focalisant sur une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Il est aussi important de mettre en adéquation l’offre et la demande et de mieux valoriser la production française en misant sur l’innovation, le marketing, la différenciation et la valorisation », explique Joëlle Salaun de la Chambre régionale d’agriculture. Elle revient sur les gros enjeux de demain que sont l’organisation entre acteurs d’une même filière pour mieux exporter, sans oublier la reconquête du marché intérieur. « Les destins de la production agricole et de la transformation sont liés. Il faut un approvisionnement en qualité et en quantité dans des capacités de transformation compétitives. »

Nicolas Goualan