Article de Jean-Luc Baslé, Cercle des Echos

Nous faisons face à des défis considérables sans qu’une réponse coordonnée ne leur soit apportée.

Résumons : démographie galopante dans les pays émergents, en particulier en Afrique, démographie vieillissante en Europe et en Chine, urbanisation, malnutrition, pauvreté, réchauffement climatique, espèces menacées, pollution, hydrographie, ralentissement et financiarisation de l’économie, chômage, endettement, paniques boursières, volatilité des monnaies, immigration, terrorisme, insécurité, populisme, menaces sur la paix au Moyen Orient, en Ukraine, etc., etc.

L’histoire nous enseigne que les populations affamées immigrent vers les régions riches, que les ressources naturelles ne sont pas inépuisables et qu’il n’existe pas d’armement qui n’ait été utilisée. Le temps nous est compté pour faire face à nos défis. L’ONU a depuis longtemps fait la preuve de son incapacité à les résoudre. Le G20 s’est contenté de déclarations de bonnes intentions, sans résultat concret à la clé. Les espoirs suscités par les résolutions non-contraignantes de la COP21 se sont envolés avec la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de bloquer le « Clean Power Plan » de Barack Obama.

En l’état, le monde n’est pas préparé aux défis auxquels il est confronté. Il se fragmente alors qu’il devrait s’unir : Est contre Ouest, Nord contre Sud, BRICS* contre pays avancés, chrétienté contre islam, riches contre pauvres, etc. Une même division apparaît à l’intérieur des nations où plus personne ne semble s’accorder sur rien. Pour autant, la situation n’est pas désespérée. Dans son discours à l’American University en juin 1963, John Kennedy déclare que la rivalité russo-américaine étant le fait d’hommes peut être résolue par les hommes. Dans Collapse, Jared Diamond démontre que les populations qui ont analysé les problèmes environnementaux auxquels elles étaient confrontées rationnellement les ont surmontés avec succès. En Amazonie, les Indiens savent qu’ils sont les hôtes de la forêt et se conduisent comme tel. Nous sommes les hôtes de la terre et devons agir en conséquence. Il n’y a pas de fatalité mais le temps presse.

Jean-Luc Baslé

Le Cercle des Echos

*Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud