Un vœu : 2+0+2+1 = 5

Un vœu : 2+0+2+1 = 5

Cela fait maintenant des décennies que les Bretons demandent pacifiquement que l’on résolve enfin un simple problème administratif et rien ne bouge. Rien ne bouge car, au bénéfice de Paris, on vit dans un des pays les plus centralisés au monde. Rien ne bouge car une pyramide immobile tient dans une main de fer un pays lui aussi considéré comme immobile, qui serait aussi lent que la bureaucratie sauf pour dégainer des interdits. Sauf que la Bretagne veut vivre, promouvoir un essor en lien avec son identité, son histoire, sa culture, pour tout dire son originalité territoriale. Que signifie ce blocage surréaliste sinon une volonté toujours plus vive de dire qui est le maître, qui doit au final décider. (suite…)

La Région lance Idéo, une plateforme en ligne pour former et orienter les Bretons

La Région lance Idéo, une plateforme en ligne pour former et orienter les Bretons

Pas facile de s’y retrouver dans la multitude de formations et d’organismes liés à l’orientation professionnelle. Pour aider les Bretons en quête d’un métier ou d’une reconversion, la région Bretagne lance la plateforme Idéo.

La région Bretagne lance une nouvelle plateforme numérique, Idéo, qui vise à informer les Bretons en recherche d’emploi ou en reconversion professionnelle.

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Article de Laurent Le Goff publié sur ouest-france.fr

Les senteurs de la région mises en flacons

Les senteurs de la région mises en flacons

Un couple d’entrepreneurs vient de lancer une marque de parfums et de cosmétiques dédiée à la Bretagne.

Plébiscitée par les Français cet été, la Bretagne attire toujours autant. La région fait aussi vendre avec un nombre incalculable de produits affichant fièrement ses couleurs. Mais ce sont cette fois ses senteurs qui sont mises en avant avec la marque de parfums et de cosmétiques Bienvenue en Bretagne.

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Article de Jérôme Gicquel publié sur 20minutes.fr

La R.E.M et l’unité bretonne

Magnifique unanimité, le 10 juillet 2020, sur la « réunification » et « l’unité bretonne » au Conseil régional de Bretagne ! Même si l’on constate que depuis 5 ans il ne s’est rien passé[1]. Et voilà, à l’unisson, toutes les formations politiques pour « un » … référendum. Lequel ? A quelle(s) échelle(s) ? Avec quelle(s) question(s) ? On rappellera qu’on n’a jamais demandé aux Bretons leurs avis, de 1789 au fabuleux « big-bang » (sic) territorial de 2015, sans même parler du décret du 30 juin 1941 qui joue un rôle, même si l’affaire est plus complexe[2]. Sans grande crainte du résultat, on rappellera donc que tout référendum s’apparente à un jeu de roulette russe où le clic n’offre pas toujours le résultat escompté (celui de De Gaulle du 27 avril 1969). Que l’unité de la Normandie fut actée par une simple décision. Personne ne la regrette et quelqu’un parlant aujourd’hui de la « Basse-Normandie » semblerait sortir d’un placard du XIXe siècle.

Mais, dans ces débats que l’on peut désormais écouter grâce à l’Agence Bretagne Presse -ce qui est un immense progrès- le plus spectaculaire fut l’intervention de la formation R.E.M[3]. Ou comment dire qu’on est « pour B5 » … tout en donnant tous les arguments pour être contre. Dès le début, tous les acquis sont mis en cause. Avec un ton en profond décalage avec les appels du pied récent de Nantes, les propos constructifs et de qualité des uns et des autres. Ecoutez, cela dure 4 minutes 17 secondes. Les sondages ? Comme les statistiques. « La première science inexacte ». Et puis, si Hind Saoud « perçoit » que des habitants de la Loire-Atlantique veulent « intégrer » la Bretagne, elle s’interroge bien plus sur l’avis des habitants de la Vendée, de la Sarthe et, pensant peut-être à quelques élites de son groupe, du Finistère. En somme, elle fit une intervention sur tout ce qui peut bloquer, rien pour débloquer. Elle trouve même le temps d’évoquer que les initiatives B4 qui aident à la Bretagne en Loire-Atlantique coûtent « cher » (« c’est plus que de l’amour »). Avec un propos parsemé d’âneries où l’on fait remonter le découpage des régions à … Clémentel ! Ce qui lui permet de dire « qu’on n’efface pas une région qui a 101 ans d’histoire comme ça » (sic). On se permettra de lui rappeler que le découpage de Clémentel est le premier à évoquer le terme de région, avec une portée économique bâtie notamment avec les CCI. Mais qu’il n’est nullement associé à la Bretagne dont à l’époque on ne parle pas, encore moins du ou des « Pays de la Loire ». Ce toponyme ne sort du chapeau qu’en 1956. Ce n’est pas 1919 et être élu(e) n’empêche pas de lire. Mais, finalement, on retrouve peut-être dans ce discours dissonant et à entendre l’ambition de cette République « en Marche ». Le candidat ne saluait-il pas à Quimper lors de son discours de campagne du 16 janvier 2017 la Loire-Atlantique comme étant bretonne ?[4] Avant 17 mois plus tard, le 21 juin 2018, d’évoquer le sujet de « cette région contrastée que certains voudraient prolonger jusqu’à l’estuaire de la Loire » … comme une « question dépassée »[5]. Aimable. On nous traiterait de hurons (A.Young) ou de demeurés cherchant l’embouchure d’un fleuve ou ne connaissant rien à leur histoire, ce ne serait pas mieux. Sauf que précisément on sait un peu ce qu’est la Bretagne. On sait, comme l’ont bien évoqué les autres élus de Bretagne, l’importance décisive du sujet. En tout cas un peu moins mal que certain(e)s.

Jean Ollivro

[1] Sauf bien sûr ce débat présentant les 13 préconisations issues du groupe de travail mené par Jean-Michel Le Boulanger et Isabelle Le Bal. Préconisations  concernant les coopérations entre la Loire-Atlantique et la Bretagne administrative dans la perspective d’une réunification, Rapport au Président du Conseil régional de Bretagne, Région Bretagne, novembre 2019, 20 p.
[2] Rappelons que c’est la loi du 19 avril 1941 et surtout le ministère de l’Intérieur qui crée les préfets régionaux, alors que le Conseil National (de mai à août) et qu’une décision de Pétain du 23 août recrée les Provinces où ici on voit apparaître les mots « Bretagne » (à cinq), Normandie et « Val de Loire ». L’idée est que « des gouverneurs soient placés à la tête des grandes provinces françaises et qu’ainsi l’administration soit concentrée et décentralisée » (J. Isorni, J. Bancal, etc.). Toutefois, cette décision est en amont court-circuitée par le ministère de l’Intérieur et dans les faits, avec la situation et le régime vichyste et de répression que l’on connaît, ces enveloppes préfectorales vont l’emporter. Avec, dans le décret du 21 juillet 1941 signé « Ph. Pétain », les mots suivants : « « Région de Rennes – Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan » et « Région d’Angers – Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, Mayenne, Sarthe, Indre-et-Loire (partie occupée) »
[3] https://abp.bzh/le-d-bat-sur-la-r-unification-au-conseil-r-gional-rennes-des-jalons-ont-t-pos-s-50699. Voir l’intervention de 54’05 et 58’22
[4] « Bonjour Quimper ! Bonjour le Finistère ! L’Ille-et-Vilaine ! Les Côtes d’Armor ! Le Morbihan ! La Loire-Atlantique ! Bonjour la Bretagne ». Emmanuel Macron, Discours de Quimper, 16 janvier 2017. https://en-marche.fr/articles/discours/meeting-macron-quimper-discours
[5] Emmanuel Macron, discours de Quimper, 18 juin 2018. https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/06/21/discours-du-president-de-la-republique-emmanuel-macron-place-saint-corentin-a-quimper