Une grande alliance bretonne, mais sur quelle base ?

Se dirige-t-on vers une grande alliance bretonne en vue des élections régionales de cette fin d’année ? Déjà envisagée par certains avant les départementales, le sujet revient en force en vue du prochain scrutin. L’une des raisons en est le résultat obtenu par les différents partis lors des dernières élections. Présentes dans un nombre relativement limité de cantons, une grosse cinquantaine, les formations politiques bretonnes n’ont, à quelques exceptions près, pas obtenu de scores fantastiques. Même si elles progressent, toutes auraient pu envisager de meilleurs résultats, compte tenu du contexte.

Il y a tout d’abord une évidence aux yeux de beaucoup. Cette alliance des forces bretonnes serait déjà actée s’il n’y avait pas un problème de personne. Elle est d’ailleurs en grande partie faite, puisque la liste Nous Te Ferons Bretagne (NTFB) de Christian Troadec regroupe déjà sa propre formation politique mais également Breizh Europa (BE) et, au moins en partie, le Parti Breton (PB). Reste donc à convaincre l’Union Démocratique Bretonne (UDB) de s’y ajouter afin de voir apparaître une grande alliance bretonne de la gauche au centre-droit. (suite…)

La région mise sur la mer et la terre pour se refaire une santé

Cinquante nuances de vert, de bleu et de gris. Loin de l’univers de E.L.James, c’est sur ces trois couleurs que repose en partie l’avenir de l’économie bretonne. La région a en effet lancé il y a un peu plus d’un an une nouvelle stratégie de développement axée autour du vert (agro-environnement), le bleu (ressources marines) et le gris (numérique), les trois couleurs combinées formant le glaz. « Chaque région en France et en Europe a ses propres atouts et il était donc important d’adopter une stratégie de différenciation pour mettre en avant les filières majeures dans lesquelles on souhaite investir », souligne Loïg Chesnais-Girard, vice-président de la région en charge de l’économie et de l’innovation.

Disposant de la plus grande façade maritime française, la Bretagne s’est donc tout naturellement tournée vers la mer, en misant notamment sur les énergies marines renouvelables ou sur les biotechnologies marines. « Si on prend les algues par exemple, l’idée de la Glaz économie c’est de montrer que c’est en Bretagne que la filière est la plus dynamique. On aura du coup plus de chances d’accueillir de nouveaux acteurs sur notre territoire », estime Frédéric Rode, directeur général de Bretagne Développement Innovation, qui pilote le dossier de la Glaz économie. (suite…)

Les explorateurs d’avenir, Jean Ollivro : la mobilité et le territoire

Synthèse du propos de Jean Ollivro, président de Bretagne prospective, durant la journée Auto-mobilité et intelligence territoriale dont le fil conducteur était comment réussir au sein de chaque territoire une mobilité personnalisée, durable, innovante, connectée, sécurisée et ouverte à tous.

Les mutations engendrées par l’arrivée de la voiture

Comme l’explique J. Ollivro, l’arrivée de la voiture a tout bouleversé. Il rappelle que dans un premier temps, le rapport originel de l’homme est le nomadisme, pas par choix, mais plutôt pour répondre à des difficultés (ressources, climat…). Jusqu’en 1600,  70 % de la population européenne et 90 % des nouveaux mondes étaient nomades.  Puis à l’époque moderne, P. Chaunu1 démontre que 95 % de la vie des gens se déroule dans un périmètre de 7 kilomètres, et que le déplacement est vu comme un problème.

L’arrivée du véhicule motorisé, appelé « l’auto mobilitas » par V. Guigueno2, a tout changé. Tout d’abord, la portée des déplacements se trouve démultipliée sans effort. Puis apparaît l’individualisation des déplacements, alors que les  premiers modes de transport à moteur (train, navire à vapeur …) étaient tous collectifs. Au départ réservée à certains « privilégiés », la voiture se démocratise à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dans les années 60, et avec elle, se démocratise la vitesse. (suite…)

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