La Bretagne face au défi de la modernité

Le « Panorama de la Bretagne », document de synthèse réalisé par le Télégramme offre une photographie de la Bretagne en 2020. Sa version papier s’enrichit de 10 points de vue d’experts à écouter. Parmi ces experts, Jean Ollivro, président de Bretagne Prospective.

La Bretagne a gagné les défis de l’après-guerre pour rattraper son sous-développement mais elle doit continuer à s’inventer face aux défis de la modernité. Les questions des territoires, des langues et de la culture sont centrales. Jean Ollivro, géographe, universitaire, auteur de nombreux livres sur l’aménagement du territoire et le développement régional nous explique comment, finalement, la Bretagne et les Bretons trouveront leurs chemins d’avenir en se retrouvant eux-mêmes.

Le podcast

Le livre blanc de l’après-tourisme. Bretons de passage

Le livre blanc de l’après-tourisme. Bretons de passage

Professeur de géographie à l’Université de Bretagne, président du « think tank » Bretagne Prospective et auteur de nombreux ouvrages sur la Bretagne, Jean Ollivro vient de publier chez Diawel éditions un ouvrage intitulé  » Le livre blanc de l’après-tourisme. Bretons de passage ».

« C’est un touriste ». Voilà une expression populaire. Au-delà d’un constat, elle peut désigner quelqu’un de peu sérieux, un étudiant en retard, un individu n’ayant rien préparé (il est venu en touriste), quelqu’un qui n’a pas été professionnel ou n’a pas réalisé les choses correctement. Pourquoi utilise-t-on ce terme ? Le choisit-on ? A une époque où ce secteur ne cesse de progresser et représente dans certaines régions jusqu’à 30 % du PIB, l’expression pose problème.

Le « tourisme » est une activité dont on a de plus en plus besoin et qui reste mal dénommée, mal agencée mal fichue. Comment faire en sorte que cette activité ne soit plus prédatrice ? Qu’elle soit a minima digérée ? Sinon fertile ?

Voilà l’interrogation essentielle de cette étude prospective qui s’interroge sur une « phase 2 » du tourisme, voire sur l’après-tourisme, avec une idée pressentie par R. Knafou dès les années 1991, mieux exprimée par P. Bourdeau dans les Alpes dès 2009. « Après-tourisme », « post-tourisme », « tourisme 3 », « new tourism », « neo tourism ». Oui, c’est autre chose avec ce mot que l’on garde sans se demander si c’est le bon. Comment faire en sorte que des gens qui, sur le fond,  ne font que passer d’un territoire à un autre, soient perçus et acceptés tels ce qu’ils sont : des « habitants » temporaires ?

10 € (+ 3 € de port) – A commander auprès de Bretagne Prospective – contact@bretagne-prospective.bzh

De la mer au meritoire ou faut-il aménager nos océans ?

Article de Rémi de Kersauson publié sur le site Nhu Bretagne

un-pays-qui-touche-a-la-merFaut-il aménager les océans ?
C’est la question que pose Jean Ollivro en couverture de son dernier livre : « De la mer au meritoire ».
L’auteur est professeur de géographie à l’université Rennes 2.  Il est également président du think-tank « Bretagne Prospective », consacré au développement local et régional. Dans ce nouvel ouvrage, il milite pour un « projet alternatif » d’aménagement du domaine maritime. Les particularités de ce « meritoire » invitent à une approche différente de celles menées sur le territoire.

L’intégralité de l’article

Les explorateurs d’avenir, Jean Ollivro : la mobilité et le territoire

Synthèse du propos de Jean Ollivro, président de Bretagne prospective, durant la journée Auto-mobilité et intelligence territoriale dont le fil conducteur était comment réussir au sein de chaque territoire une mobilité personnalisée, durable, innovante, connectée, sécurisée et ouverte à tous.

Les mutations engendrées par l’arrivée de la voiture

Comme l’explique J. Ollivro, l’arrivée de la voiture a tout bouleversé. Il rappelle que dans un premier temps, le rapport originel de l’homme est le nomadisme, pas par choix, mais plutôt pour répondre à des difficultés (ressources, climat…). Jusqu’en 1600,  70 % de la population européenne et 90 % des nouveaux mondes étaient nomades.  Puis à l’époque moderne, P. Chaunu1 démontre que 95 % de la vie des gens se déroule dans un périmètre de 7 kilomètres, et que le déplacement est vu comme un problème.

L’arrivée du véhicule motorisé, appelé « l’auto mobilitas » par V. Guigueno2, a tout changé. Tout d’abord, la portée des déplacements se trouve démultipliée sans effort. Puis apparaît l’individualisation des déplacements, alors que les  premiers modes de transport à moteur (train, navire à vapeur …) étaient tous collectifs. Au départ réservée à certains « privilégiés », la voiture se démocratise à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dans les années 60, et avec elle, se démocratise la vitesse. (suite…)