Face aux métropoles, ces petits territoires veulent se faire entendre

Autour de Redon, treize communautés de communes créent une association. Le but ? Réussir à avoir une voix, une vision commune face aux métropoles, aux Régions ou à l’État.

Comment dialoguer avec l’État, les Régions, les métropoles quand on représente un petit territoire ? Autour de Redon, treize présidents de communautés de communes représentant 570 000 habitants pensent avoir trouvé la solution : parler d’une seule voix à travers une association, en cours de création. « Elle va nous permettre de développer une vision commune. La nôtre, pas celle de Rennes, Nantes ou Paris », se réjouit Jean-François Mary, à la tête de Redon agglomération.

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Article d’Audrey Vairé publié sur ouest-france.fr

La fausse promesse économique des métropoles

« Il faut arrêter de bâtir des politiques sur des intuitions économiques qui semblent aller de soi mais qui ne sont jamais démontrées. » En démontant les thèses de Laurent Davezies sur la surproductivité de l’Ile-de-France ou des métropoles, Olivier Bouba-Olga et Michel Grossetti mettent les politiques en garde : la promesse économique liée à la création des métropoles n’est pas avérée, il peut même y avoir des ratés majeurs.

Olivier Bouba-Olga et Michel Grossetti n’ont rien contre Laurent Davezies. L’économiste de Poitiers et le sociologue de Toulouse reconnaissent à l’économiste de Paris qu’il est « LA » référence de l’économie territoriale et le théoricien de la métropolisation de l’économie qui inspire énormément le législateur, avec des intuitions passionnantes.

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Métropoles ou territoires ?

L’enjeu de la cohésion territoriale est souvent présenté sous l’angle d’un simple découpage. Par exemple, Bretagne à quatre, à cinq, fusion avec la région des Pays de la Loire, constitution d’un « grand » Ouest…

C’est oublier la question des compétences et surtout l’enjeu du projet de société. S’agissant des compétences, comme le démontrent Jean-Jacques Urvoas ou Daniel Cueff dans leurs livres récents, la libération des forces régionales et l’expérimentation d’une assemblée de Bretagne permettraientdes politiques adaptées aux spécificités régionales (économie de la mer, agroalimentaire, TIC, logistique…).

Le débat du projet de société est encore plus essentiel. Une thèse, soutenue par cinq élus de Rennes, Brest, Nantes et Saint-Nazaire, promeut une fusion Bretagne-Pays de la Loire et l’affirmation de métropoles censées être les « locomotives » du développement. L’autre thèse table sur la promotion des identités en construisant dans l’ouest de la France des régions claires et lisibles (la Bretagne, la Normandie, le Val de Loire…). Elle affiche l’idée d’un projet collectif associant les métropoles aux villes moyennes sans oublier les enjeux agricoles et ruraux. Pour dynamiser toute  la Normandie, Rouen, Le Havre et Caen marieraient leurs compétences. Dans une Bretagne réunifiée, trois villes complémentaires animeraient et encadreraient un terrain de jeu fabuleux pour renouer avec l’économie productive (énergie notamment). (suite…)