Mignoned ar brezhoneg : Faire vivre le breton au quotidien

Mignoned ar brezhoneg : Faire vivre le breton au quotidien

Bretagne Prospective vous propose à nouveau d’embarquer à la rencontre de certains de ceux qui choisissent de s’identifier à cette région qui bouge.

Pour cette sixième escale de « construire une réalité utile », nous découvrons l’association « Mignoned ar brezhoneg » basée  à Vannes (Propos recueillis auprès de Divi Kerneis).

La vie et l’avenir d’une langue s’apprécient à leur degré d’intégration dans la vie quotidienne. Un enjeu fondamental pour la langue bretonne, dont le nombre de locuteurs a diminué de près de 16% entre 1997 et 2018 (selon sondage TMO). La plateforme « Stal.bzh », sera lancée le 8 Juin prochain lors de Gouel Broadel ar Brezhoneg (La fête de la langue bretonne) à Langoned, par l’association « Mignoned ar brezhoneg ». Ce projet propose de relever ce défi et de mettre en lumière les entreprises qui font le choix de soutenir, de porter et  faire vivre la langue bretonne au quotidien.

Relever le défi de la langue

Fondée en 2013 avec la volonté « d’être un outil au service de la langue », l’association « Mignoned ar brezhoneg » (littéralement « les amis de la langue bretonne ») s’engage sur les cinq départements pour la réappropriation du breton par la société civile et notamment  par les entreprises.

Et c’est justement vers ces dernières que se positionne aujourd’hui l’association qui compte 38 membres. Certes, de nombreuses structures font un travail quotidien formidable pour la promotion de la langue, son enseignement et son animation. Mais le monde économique reste encore largement inexploré. Pourtant, un nombre croissant de professionnels n’hésitent plus à franchir le pas et utilisent le breton dans leur communication voire dans la vie interne de leur société.

La langue dans le monde économique

C’est fort de ce constat que l’association, dont les bureaux sont installés à Vannes, a décidé d’accompagner les acteurs. Son réseau de professionnels bilingues lui permet de proposer des services de qualité pour la conception et la traduction de campagnes de communication.

Vecteur de différenciation positive, le breton est générateur de valeurs tant symboliques qu’économiques. En effet, il recèle de véritables pépites de marketing pouvant booster l’économie locale en assurant à la langue un bel avenir.

Mettre en lumière les bonnes initiatives

Aujourd’hui, l’association déclarée d’intérêt général, se lance un nouveau défi avec le lancement en Juin prochain de la plateforme « Stal.bzh ». Il s’agit de mettre en lumière tous les amis de la langue dans le monde économique. Qu’elles soutiennent la langue ou l’utilisent dans leur quotidien, nos entreprises sont d’ores et déjà invitées à  s’inscrire. Les utilisateurs du site, bretonnants ou non, pourront ainsi diriger leurs actes d’achat vers ces entreprises.

Un mariage unique en Bretagne mais qui connaît déjà un très large succès au Pays Basque où « l’eusko » (une monnaie locale) valorise l’économie en langue basque.

Avec « Stal.bzh », nous pourrons donc très prochainement soutenir notre économie, notre culture et notre langue pour faire grandir la Bretagne.

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Loïck Roulaud

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A la rencontre de « Reder Bro »

A la rencontre du .bzh

Bretagne Prospective sur Tébéo

Bretagne Prospective sur Tébéo

Mercredi 20 Mars 2019, Loïck Roulaud, chargé de mission au sein de Bretagne prospective, était sur le plateau de l’émission « l’instant T » pour évoque la question du « Breizh marketing ». Une réflexion qui suit un travail de plusieurs mois de l’association sur le terrain à la rencontre des acteurs qui s’identifient à cette région qui bouge.

Voir la vidéo 

Hommage de Jean-Michel Le Boulanger à Yann-Fañch Kemener

Hommage de Jean-Michel Le Boulanger à Yann-Fañch Kemener

Voici l’hommage que Jean-Michel Le Boulanger, vice-président de la Région Bretagne en charge de la culture, a rendu à Yann-Fañch Kemener le 19 mars à Ste-Tréphine. Un très beau texte.

Yann-Fañch,

Regarde, Yann-Fañch, ils sont si nombreux réunis aujourd’hui à Sainte-Tréphine ceux qui, saluant ta dépouille, veulent te remercier pour l’œuvre immense que tu as accomplie.

(suite…)

Babigoù Breizh : le breton comme un jeu d’enfant !

Babigoù Breizh : le breton comme un jeu d’enfant !

Bretagne Prospective vous propose à nouveau d’embarquer à la rencontre de certains de ceux qui choisissent de s’identifier à cette région qui bouge.

Pour cette cinquième escale de « Construire une réalité utile », nous découvrons l’association « Babigoù Breizh »  à Vannes.

Le 26 mars prochain, une nouvelle crèche immersive en langue bretonne va ouvrir ses portes à Rennes.  Il s’agit de la troisième du genre en Bretagne, après celles de Vannes et de Saint-Herblain. Créée en 2007, c’est l’association « Babigoù Breizh » qui porte ces différents projets et offre à des jeunes enfants (bientôt trente-six avec Rennes) et leurs parents un service de crèche unique.

Unique en Bretagne

Avec près de 7 000 enfants intégrant chaque année une filière bilingue en maternelle, la demande en structures d’accompagnements en breton pour la petite enfance est forte. Pourtant le constat est sans appel : avant 2011, les parents ne pouvaient pas inscrire leurs enfants dans des crèches bilingues. C’est aujourd’hui possible grâce à l’association « Babigoù Breizh » et ses micro-crèches.

L’idée n’est pourtant pas neuve. Dès les années 1990, la question avait déjà été explorée dans le Finistère. Mais par faute de personnels formés au breton et à la petite enfance, ce projet n’avait pas vu le jour. Depuis le début des années 2000, l’association « Divskouarn » travaille à l’insertion du breton dans des structures d’accueil déjà existantes. « Babigoù Breizh » marque donc un nouveau pas avec une formule complètement immersive.

Le développement des jeunes enfants au centre du système

Dans un contexte de progression constante du breton dans la scolarité et de besoin toujours plus prégnant de crèches, l’association vannetaise pose les premières pierres d’une réponse adaptée. Mais sa particularité vient aussi du fait qu’elle propose un service de micro établissements n’accueillant qu’une dizaine d’enfants. C’est donc au plus près des besoins de chacun que s’investissent les membres de « Babigoù Breizh ».

A taille humaine, ces centres sont aussi de formidables lieux d’éveil pour les enfants. En effet, le bilinguisme précoce permet un développement cognitif et psychologique important. Nous notons par exemple une plus grande capacité aux raisonnements abstraits, à l’intelligence verbale, à la souplesse mentale ou encore à la résolution de problèmes. L’immersion est donc une chance et un véritable support pédagogique dépassant le simple apprentissage du breton.

L’avenir de la langue

Prix de l’avenir de la langue bretonne en 2012, « Babigoù Breizh » poursuit son développement avec l’ouverture ce mois-ci d’une crèche à Rennes ainsi qu’avec un projet d’ouverture à Brest. Pour autant, comme l’explique Jocelyn Déqué, chargé du développement de la structure, « il y a encore un hiatus à  résorber ». L’association a d’ailleurs récemment énoncé le projet ambitieux d’atteindre 400 places de crèches d’ici 15 ans. Un chiffre synonyme d’emplois, puisque les besoins en personnels qualifiés vont croissants.

Bien que la route soit longue et sinueuse, l’avenir de la langue passe donc par les jeux d’enfants !

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Loïck Roulaud

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Bretagne Prospective : quelques éléments pour le Grand Débat

Un débat est une utopie et l’on y participe avec plaisir, d’autant que celui qui ne participe pas s’exclut ou peut être considéré comme tel. Alors que des contributions sont fort longues, le choix est ici d’être bref en apportant trois réflexions transversales. L’espérance est d’être lu, d’autant que des idées ont été développées par ailleurs à l’échelle de la Bretagne.

Le premier élément qui nous semble aujourd’hui clé est de bâtir des territoires correspondant à la vie des gens

Aujourd’hui, ce n’est visiblement pas le cas. Les départements furent pertinents car, il est vrai, ils avaient une cohérence concernant des mobilités. Aujourd’hui ce n’est plus le cas et ces enveloppes n’ont d’intérêt que par les missions qu’ils assurent. Dans les faits, la vie des gens n’est plus départementale. Elle n’est plus non plus uniquement communale ou paroissiale, ce qui correspondait à l’essentiel de la vie des piétons. Alors que les mobilités ont changé, un problème est que l’essentiel de l’organisation étatique actuelle reste liée à des découpages du passé.

Sur ce point, nous proposons une chose et une seule. Essayer de bâtir des territoires écrits en correspondance avec la vie des gens. Se méfier aussi des « métropoles », des « Grands Paris » avec des territoires bourgeois qui ne sont pas mentionnés par la parole populaire. Tout cela crée sans cesse des déséquilibres perçus entre des élites qui se font plaisir pour avoir des royaumes quand les gens sont coincés dans leurs problèmes et leurs embouteillages. (suite…)

Hommage à Claude Champaud

Hommage à Claude Champaud

Bretagne Prospective, dont il fut co-fondateur avec Martial Gabillard et Jean-Jacques Kérourédan, souhaite rendre un hommage solennel à Claude Champaud. Universitaire, juriste de grande réputation, économiste, mais aussi passionné d’histoire. Sa carrière aura été prolifique et plurielle, également politique (vice-président du Conseil général d’Ille-et-Vilaine, vice-président du Conseil régional de Bretagne) et portée par la défense des intérêts bretons, comme le prouvent d’ailleurs plusieurs de ses ouvrages, notamment « A jamais la Bretagne » (1998) ou ce qui sera son dernier ouvrage « LE C.E.L.I.B : quand des Bretons éveillèrent la Bretagne » (octobre 2017).

Claude Champaud était d’une finesse exquise, son moteur étant la mise en action des hommes, des acteurs et des projets. Auteur de nombreuses publications, il fut tout à la fois écrivain et théoricien de ce que l’on finira par appeler l’école de Rennes, était Président de l’Association Internationale de Droit Economique, envisageait de façon pionnière la « doctrine de l’entreprise » comme devant être nourrie des enjeux sociaux ou environnementaux. Breton convaincu, il fut aussi à partir de 1970 un ardent acteur du CELIB et en première ligne pour l’aménagement et le désenclavement de la Bretagne, notamment en ce qui concerne ses enjeux routiers ou ferroviaires. Il fait partie de cette génération qui a porté la Bretagne telle qu’on la connaît aujourd’hui, est parvenu concrètement à mettre en place de multiples initiatives régionales à une époque où la situation était encore plus difficile qu’aujourd’hui. Créateur du Club des Trente, de l’IGR à Rennes, il devient le premier Président élu de Rennes I et prend aussi la Présidence du CESR en 1975. On notera enfin son courage politique lorsqu’il écrit « Le séparisianisme » en 1977, ce qui lui vaut quelques déboires. Décentralisateur convaincu, acteur déterminé, il laissera à ceux qui l’ont connu le visage de l’intelligence et de la classe.

Ses amis se joignent à sa famille et à son épouse Paule, en les remerciant aussi pour la gentillesse et bienveillance permanentes de leur accueil, dans chacune de ces rencontres qui prenaient un tour historique en raison de sa mémoire et de sa culture exceptionnelles, de sa finesse d’esprit et de son intelligence.

Bretagne Prospective